L’immigration, cette question intouchable

2019-11-25

Je résume dans ce blogue quelques observations de Jacques Houle, auteur du livre Disparaître ? concernant l’immigration au Québec.

English An English-langage version of this blog is available, entitled Immigration, the Great Unmentionable.

Nous savons tous et toutes (ou du moins, nous devrions savoir) comment les pseudo-gauchistes emploient allègrement les injures, le dénigrement, voire la diffamation afin de faire taire les discours qu’ils refusent de tolérer. Cette constatation s’applique en particulier à quiconque ose aborder la question de l’immigration. Cet effronté sera rapidement ciblé.

Or, Jacques Houle, auteur du livre Disparaître ? Afflux migratoires et avenir du Québec, lui, ose. Dans un récent texte de Mathieu Bock-Coté, sous le titre « La pénurie de main d’oeuvre est une fable » : entretien avec Jacques Houle, il résume la situation. Voici l’essentiel :

  • Il n’y a pas de pénurie de main d’oeuvre pour les emplois de qualité, avec un salaire intéressant.
    «  Selon l’Institut de la Statistique du Québec, près du tiers des travailleurs québécois sont surdiplômés pour les emplois qu’ils occupent. Chez les diplômés de niveaux collégial et universitaire, le taux de surdiplômation en emploi atteint 40%.  »
  • « l’expression pénurie de main-d’œuvre sert à masquer les difficultés de recrutement systématique causées par des salaires trop bas, du temps partiel fréquent ou des horaires atypiques. D’ailleurs, plus de 60% des pénuries de main-d’œuvre ont comme point commun de payer des salaires inférieurs à 15$ de l’heure. Les trois professions en pénurie au Québec sont : serveurs et serveuses, vendeurs et vendeuses, caissiers et caissières auxquelles il faut ajouter pour faire bonne mesure, les manœuvres de tout genre. » Il s’agit d’« emplois précaires à bas salaires que ne veulent plus les natifs ainsi que les immigrants plus anciens. »
  • « il n’y a pas au Québec de pénuries de main-d’œuvre, mais uniquement des postes vacants de façon persistante en raison de salaires trop bas et d’autres conditions de travail non compétitives. La solution n’est donc pas plus d’immigrants, mais de meilleures conditions de travail,… »
  • Les partisans les plus acharnés de l’immigration massive sont, « sans surprise, les patrons d’entreprises à la recherche de main-d’œuvre immigrée contrainte d’accepter des salaires de misère et les politiciens qui pratiquent un clientélisme électoral tous azimuts. »
  • « le secteur de l’enseignement supérieur veut plus d’étudiants étrangers parce qu’ils rapportent plus d’argent! »
  • « l’immigration de masse profite à de puissants lobbys qui se gardent bien de divulguer les énormes avantages qu’ils en retirent »

Finalement, J. Houle nous rappelle que la question d’immigration qui, comme toute question de société importante, devrait faire partie du débat démocratique, est l’objet d’une « censure blanche » et il en tire la conclusion « qu’il y a des sujets tabous… »

Voici les conclusions que, moi, j’en tire : La pseudo-gauche identitaire et régressive, absolument obsédée par la race, qui voit le racisme partout — que ce dernier existe ou non —, et qui impose ses opinions comme des dogmes religieux inattaquables, nous empoisonne la vie et nous empêche d’aborder les sujets dont nous, le public, les électeurs et électrices, citoyens et citoyennes, devons discuter ouvertement et sans censure. Ce tabou contre le débat ouvert au sujet de l’immigration sert principalement des intérêts financiers néolibéraux, dont les pseudo-gauchistes sont les alliés objectifs.

Finalement, il ne faut pas oublier un aspect de cette question qui n’est pas mentionné dans cet entretien : l’utilisation par le gouvernement du Canada d’une immigration nombreuse, surtout dans la région montréalaise, dans le but de noyer la majorité francophone québécoise à moyen ou à long terme, afin d’étouffer la spécificité de cette majorité. En particulier, c’est une façon indirecte et insidieuse de contrer la volonté des Québécois d’avoir un État laïque.


Prochain blogue : Immigration, the Great Unmentionable

One thought on “L’immigration, cette question intouchable”

  1. Bonjour David,
    Ta synthèse est fort intéressante et si tu permets j’ajouterais un petit complément :

    1) l’industrie et le commerce en général au Québec ont un retard de développement au plan des pratiques professionnelles d’au moins 20 ans.
    Il y a des habitudes qui ont été prises et elles sont difficiles à modifier. Je te cite un seul exemple pour illustrer mon propos (il en existe des dizaines d’autres) dans les épiceries (Super C Maxi, Provigo etc…) des tentatives d’introduire des caisses sans opératrice ont échoué non pas parce que les clients n’en voulaient mais pas parce qu’Il n’y avait pas de mode d’emploi en amont des caisses.
    Elle (l’opératrice) existe auprès des caisses … mais pas avant. Il aurait fallu investir dans la formation de la clientèle pour la préparer à ce nouveau mode de paiement.
    Je résume en spécifiant que la robotisation ne fait pas partie des intentions d’un grand nombre d’entrepreneurs Québécois.

    2) les capitaines d’industries les plus créatifs ont migré ou se situent dans les technologies de l’information, la numérisation, etc. Et, là ça va dans tous les sens pour des raisons de créativité, d’innovation, etc. mais pas pour faciliter les procédés au sein des entreprises tertiaires etc. …

    Enfin, pour conclure, deux aspects :
    Les procédures d”immigration sont obsolètes et leur maintien en l’état est préjudiciable non seulement pour le Québec mais aussi pour celles et ceux qui viennent s’y installer.

    Sélectionner des candidats à l’immigration pour le reste du Canada ne doit en aucune manière ressembler à sélectionner des candidats pour le Québec. Les ”planificateurs” de l’immigration du Canada sont loin de connaitre les besoins et les attentes du Québec.

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