Les « Woke » ne sont pas de gauche

2020-09-18
2020-09-24 : Quelques corrections de syntaxe, etc.

La soi-disant « gauche » régressive, connue couramment comme les « woke », ne fait pas partie de la gauche politique. Elle a quitté la gauche au moment où elle a renoncé aux valeurs des Lumières.

English This blog has already been published in English, in two parts: The “Woke” are Not the Political Left, Part I and Part II.

L’expression « woke » relève de l’argot des Afro-Américains et veut dire politiquement éveillé, politiquement conscient, surtout en matière de justice sociale. Mais, depuis un certain temps, ce terme a acquis une signification bien plus large et fait désormais référence au courant de pensée qui prédomine dans la politique ostensiblement de gauche aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs autres pays. (En français, quand on parle de la « gauche bien-pensante », « diversitaire » ou « intersectionnelle », il s’agit de ce mouvement qui s’appellerait « woke » en anglais.) Pourtant, cette école de pensée n’est en réalité pas de la gauche politique car elle a abandonné les valeurs des Lumières.

Ces idéaux des Lumières comprennent la raison, la tolérance, la liberté, le progrès, l’universalisme, les droits humains et la laïcité. Pris collectivement, on les appelle couramment le modernisme. Les Lumières nous ont donné une grande partie de ce que nous tenons pour acquis aujourd’hui. Ses produits sont nombreux et comprennent le concept des droits de la personne, l’abolition de l’esclavage, le libéralisme, le marxisme, la science et la technologie modernes, la Constitution américaine, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (France, 1789) et la loi sur la laïcité (France, 1905), la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies et bien plus encore.

Les origines de la gauche et de la droite politiques

Rappelons que les termes « gauche » et « droite » au sens politique trouvent leur origine dans la disposition des sièges à l’Assemblée nationale constituante pendant la Révolution française à partir de 1789. Les députés assis du côté gauche de la chambre étaient en général des sympathisants de la révolution, du républicanisme et de la laïcité, tandis que ceux du côté droit restaient plutôt fidèles à la monarchie, au clergé et aux institutions traditionnelles de l’Ancien régime. Ces deux pôles correspondent grosso modo soit à un appui pour les valeurs des Lumières, soit à une opposition à celles-ci, les Lumières étant un mouvement intellectuel et philosophique qui s’était répandu dans toute l’Europe durant environ un siècle. En effet, la Révolution française était elle-même un produit de ce mouvement, tout comme les révolutions américaine, haïtienne et russe.

Ainsi, la gauche politique fait référence à ceux qui appuyaient les valeurs des Lumières tandis que la droite politique englobait ceux qui s’y opposaient. Le même schéma général s’applique aujourd’hui. La gauche et la droite politiques sont définies respectivement par le soutien et l’opposition aux idéaux des Lumières. Si un courant de gauche abandonne ces idéaux, alors il n’est plus de gauche. Telle est la situation du « wokisme », si je peux l’appeler ainsi, également connu par plusieurs autres surnoms tels que « la (pseudo)gauche régressive » et, mon terme préféré, la « pseudogauche anti-Lumières ». Il ne reste plus grand-chose de gauche chez les « woke » sauf leur prétention. Leur mentalité est devenue dominante parmi ceux qui se disent de la gauche et même du centre. Il ne reste (presque) plus de (réelle) gauche.

Les racines politiques et philosophiques du « wokisme »

La mentalité « woke » s’appuie sur un certain nombre de sources politiques et philosophiques :

  • L’Intersectionnalité, une obsession pour les identités personnelles, en particulier les identités minoritaires, et qui revient à un système de points simpliste pour déterminer qui a la chance d’avoir le plus de points d’oppression.
  • Le Multiculturalisme, ou le relativisme culturel, une idéologie politique anti-universaliste qui accorde davantage d’importance à l’appartenance ethnique ou religieuse de l’individu qu’à ses droits universels ou sa citoyenneté.
  • Le Postmodernisme, une philosophie associée au relativisme culturel et inspirée par un scepticisme à l’égard des idées modernistes d’objectivité, de rationalisme et de savoir.
  • Le Défaitisme post-marxiste, une dégénérescence du marxisme, résultant de l’incapacité du marxisme à tenir sa promesse d’un avenir plus lumineux basé sur les idéaux des Lumières. Cela a conduit à blâmer et à rejeter les Lumières elles-mêmes. Aussi connu sous le nom de néo-marxisme, de marxisme culturel ou de post-marxisme culturel.
  • L’Islamogauchisme, une extension du point précédent, une dégénérescence supplémentaire du post-marxisme, dans laquelle la priorité traditionnellement accordée à la classe et à l’économie est désormais remplacée par la défense des minorités, en particulier des musulmans.

Ainsi, la mentalité « woke » dérive, en partie du moins, de la pensée gauchiste, mais elle en est une perversion et une dégénérescence. En particulier, le « wokisme » n’est pas marxiste. Le bilan du marxisme regorge de conséquences négatives et douteuses, mais vous ne pouvez pas tenir le marxisme responsable des folies des « woke ». Pour le dire succinctement, la mentalité « woke » est une sorte de « post-gauchisme » qui se résume approximativement à un mélange de post-marxisme et de postmodernisme.

L’auteur américain James Lindsay, qui a étudié en profondeur ces questions, résume ainsi la situation :

Le marxisme est une théorie sociale basée sur l’économie, et la théorie de la « Critical Social Justice » usurpe en fait l’analyse économique et l’obscurcit pour l’utiliser au service de son approche particulière de la politique identitaire. Pour être plus précis à ce sujet, par exemple, il est extrêmement évident que les causes économiques sont à l’origine de nombreux phénomènes que les théoriciens critiques de la race appellent le « racisme systémique », mais ils utilisent le fait qu’il existe des différences statistiques économiques selon la race pour affirmer que le racisme (et non l’exploitation capitaliste) seraient les causes ultimes de ces différences. Ainsi, ils instrumentalisent la classe pour y substituer le site d’oppression sur lequel ils sont en fait obsessionnellement focalisés, c’est-à-dire la race, et effacent ainsi toute possibilité d’analyse libérale, rationnelle, voire matérialiste ou marxiste des problèmes sous-jacents. (Trad. D.R.)

The Complex Relationship Between Marxism and Wokeness (La relation complexe entre marxisme et wokisme)

Parareligion

Le « wokisme » à son pire peut être qualifié de parareligion moderne. Selon ma définition, une parareligion est une idéologie qui n’est pas une religion au strict sens du terme, car l’aspect surnaturel y est absent, mais qui néanmoins se comporte quelque peu comme une religion en manifestant quelques-unes des caractéristiques suivantes, typiques des religions :

  • Le dogmatisme, un rejet de la raison.
  • Une tendance à faire des assertions non falsifiables, c’est-à-dire des hypothèses qui ne peuvent jamais être réfutées et sont donc dénuées de sens. Exemple : « Dieu » est responsable de tout : si de bonnes choses arrivent, alors remercions « Dieu » — cependant dans le cas d’un événement malheureux, on dit que les voies du « Seigneur » sont mystérieuses.
  • Le manichéisme, une vision du monde divisée en bien et mal absolus, niant les nuances morales et les ambiguïtés.
  • Le moralisme ou la moraline, une obsession pour la moralité personnelle, niant encore une fois les complexités morales.
  • Des privilèges accordés aux adhérents, s’opposant ainsi à l’universalisme.
  • Le culte de la personnalité, soit le culte des dieux ou des déesses, soit la déification des dirigeants humains.
  • Etc.

Voici un exemple de parareligion : le communisme autoritaire du genre stalinien, maoïste ou nord-coréen, où le dogmatisme et le culte de la personnalité sont particulièrement en évidence. Diverses pseudosciences comme l’homépathie, l’astrologie, etc. et plusieurs théories complotistes peuvent aussi être qualifiées de parareligions.

La Parareligion des « woke »

La parareligion des « woke » affiche la plupart des caractéristiques énumérées ci-dessus (mais sans le culte de la personnalité). Elle est extrêmement dogmatique, manichéenne et moraliste. Bien qu’elle prétende valoriser la « diversité », elle s’oppose fanatiquement à toute diversité intellectuelle et tout débat d’idées. Ce fanatisme se manifeste dans la soi-disant « cancel culture » qui se résume à la censure sociale de toute personne qui ne soit pas d’accord avec les dogmes « woke » ou dont le comportement aurait été jugé moralement douteux (sommairement, sans traitement équitable). Les « woke » affichent une hostilité obsessionnelle aux gens qu’ils considèrent privilégiés (les Blancs, les hommes, etc.) et ont comme programme de privilégier en revanche l’autre pôle. Ainsi, ils accordent aux minorités raciales et autres, voire aux minorités religieuses comme les musulmans, des prévenances particulières, tout comme le judaïsme prenait les Hébreux pour peuple élu de dieu. Cette manie implique l’abandon de l’universalisme qui prône l’égalité de tous et de toutes, sans égard à la race, le sexe, etc.

Le mouvement « antiraciste » « woke » est anti-universaliste et raciste

Les « woke » ont une obsession pour les minorités et pour l’identité personnelle, au détriment de notre humanité commune. L’intersectionnalité combinée au multiculturalisme et aux autres ingrédients de la mentalité woke créent un mélange toxique qui accorde une trop grande importance aux minorités et amène au mépris des majorités et de l’universel. Certaines minorités sont favorisées obsessivement et jouissent d’une quasi impunité, tandis que les majorités correspondantes sont dénigrées. Ainsi, le mouvement antiraciste actuel est lui-même devenu raciste. En outre, de manière véritablement parareligieuse, les soi-disant antiracistes les plus extrêmes prônent l’hypothèse non-falsifiable que le racisme serait littéralement omniprésent. Au lieu de se demander si le racisme serait présent dans une situation donnée, ils demandent plutôt « Où est le racisme ici ? » en supposant qu’il n’est jamais absent. Le résultat est une politique de culpabilité et de paranoïa. Cette approche est absurde, car si le racisme est toujours présent, alors ce mot perd tout sens objectif.

Remontons un demi-siècle ou plus dans le temps, à l’époque du mouvement des droits civils, si essentiel pour la lutte contre le racisme anti-Noirs aux États-Unis, en particulier dans les États du sud. Les opposants de droite accusaient parfois les militants antiracistes de « racisme inversé » contre les non-Noirs. De même, à l’apogée du féminisme de deuxième vague, ceux qui s’opposaient à l’égalité des sexes accusaient parfois les féministes de haïr les hommes. Dans les deux cas, il s’agissait de tentatives évidentes de dénigrer la lutte antiraciste et le féminisme. Personne n’a été dupe d’une telle tromperie évidente. Les deux mouvements étaient universalistes, promouvant l’égalité des droits pour les Noirs et pour les femmes sans s’attaquer aux non-Noirs ou aux hommes. Cependant, la situation est aujourd’hui bien différente. Compte tenu de l’obsession identitaire, en particulier de l’identité minoritaire qui caractérise la mentalité « woke », le dénigrement des Blancs, des hommes et des autres groupes non minoritaires est devenu la norme.

Les « woke » s’attaquent aux privilèges au lieu de lutter contre la discrimination

L’une des maximes de la mentalité « woke » est le concept de « privilège blanc ». C’est comme faire de l’antiracisme à reculons. Si les soi-disant Blancs ont l’avantage de ne pas être cibles de discrimination, ce n’est pas un privilège ; c’est plutôt un droit, un droit humain fondamental. Si les Noirs sont discriminés, ce n’est pas un manque de privilège, mais plutôt un déni de droits. L’approche correcte à l’antiracisme est de promouvoir l’égalité des droits pour tous, universellement, quel que soit le groupe racial, et de s’opposer à la discrimination contre tout groupe. Mettre l’accent sur le privilège blanc mène à une politique de culpabilité et de ressentiment, renforçant indirectement la droite politique.

Au lieu de l’égalité, c’est-à-dire l’égalité des chances, les « woke » prônent l’équité, ce qui implique l’égalité des résultats. De plus, si l’égalité des résultats n’est pas atteinte, et ce n’est pratiquement jamais le cas, les « woke » supposent généralement que la cause de cette situation doit forcément être un préjugé comme le racisme ou le sexisme. Ainsi, si une profession ne présente pas la même diversité démographique que la population générale, on suppose que les préjugés en sont la cause. C’est irrationnel car, comme l’explique James Lindsay :

cela est littéralement impossible sans une ingénierie sociale à grande échelle comprenant des quotas forcés. (La variation stochastique, c’est-à-dire le bruit aléatoire dans le système, devrait rendre un alignement parfait avec les pourcentages démographiques dominants extrêmement improbable, après tout, même si le système était parfaitement exempt de différence et de discrimination de toutes sortes.) Cela signifie que « l’équité » implique l’utilisation des quotas fondés sur l’identité et une ingénierie sociale vigoureuse pour les atteindre. (Trad. D.R.)

The Diversity Delusion (L’illusion de la diversité)

C’est à cause de cette imposture que James Damore a été renvoyé par Google. Il a rédigé un document plutôt inoffensif dans lequel il suggérait qu’une partie de l’explication du faible nombre de femmes dans les postes de développement de logiciels pourrait être les préférences des femmes. En d’autres termes, le sexisme n’est peut-être pas la seule explication. Mais de telles idées sont un blasphème pour les « woke », alors Damore a été congédié.

Les « woke » s’opposent à la laïcité

Cet abandon des idéaux des Lumières et ce rejet des valeurs de gauche par les « woke » arrivent à leur apogée avec l’opposition des « woke » à la laïcité. Leur obsession pour les minorités s’étend même aux minorités religieuses. Les « woke » ont tendance à confondre race et religion, ce qui revient à jeter par-dessus bord la liberté de conscience et à condamner chaque individu à la religion dans laquelle il a eu la malchance de naître. Cette racialisation de l’appartenance religieuse fait le jeu des fondamentalistes, en particulier des islamistes.

Avec l’ajout de l’islamogauchisme au mélange « woke », les musulmans, surtout les plus pieux et même les fondamentalistes, se voient accorder une priorité spéciale et une impunité. Cela conduit à une complaisance extrême à l’égard de l’islam et de l’islamisme. La soi-disant « islamophobie » est condamnée. L’ensemble du processus est rendu encore plus toxique par la non-reconnaissance de certaines minorités. Par exemple, les musulmans laïques sont ignorés, car ils ne correspondent pas au stéréotype musulman véhiculé par les « woke », où les femmes sont toutes voilées et où les hommes présentent aussi une allure stéréotypée, etc. Les ex-musulmans sont encore plus dénigrés.

Que ferait une véritable gauche ?

Une approche véritablement de gauche en matière de religion consisterait à défendre la liberté de conscience, qui comprend à la fois la liberté de religion et la liberté de s’affranchir de la religion, tout en critiquant toute religion, franchement et résolument. Cela signifie, par exemple, que les trois monothéismes abrahamiques — le judaïsme, le christianisme et l’islam, pour les nommer par ordre historique — devraient être régulièrement la cible de critiques de gauche car, pris ensemble, ils représentent le bloc religieux le plus important sur le planète. L’idée même que l’islam devrait jouir d’une sorte d’immunité contre la critique, ou que le christianisme devrait être ciblé beaucoup plus souvent, est totalement incompatible avec la laïcité qui est une valeur fondamentale issue des Lumières. Et pourtant, c’est précisément l’approche « woke » : soustraire l’islam à la critique parce qu’il est considéré comme la religion des opprimés. La diffusion du terme absurde « islamophobie » est une manifestation flagrante des privilèges que les « woke » accordent à l’islam.

Un mariage de déraison

L’histoire d’amour entre les « woke » et l’islam n’est pas la seule illustration de l’abandon de la gauche par les « woke », mais c’est une comédie particulièrement flagrante et éhontée. Les « woke » facilitent et soutiennent l’islam fondamentaliste, une idéologie politico-religieuse d’extrême droite qui se trouve politiquement à la droite du nazisme, et ils le font au moins indirectement et parfois même directement. Un exemple de ceci est l’acceptation de Linda Sarsour en tant que leader de la « gauche » anti-Trump.

L’antilaïcité des « woke » est particulièrement évidente dans leur opposition fanatique à la Loi 21 au Québec, une législation que les « woke » vilipendent sans même essayer d’en comprendre les enjeux pertinents. Les soutiens à la laïcité dans le monde anglophone ont toujours été faibles, mais maintenant, avec l’avènement de la mentalité « woke » qui confond race et religion, la situation est encore pire. Certains antisécularistes vont même jusqu’à accuser la laïcité d’être « raciste ». Au Canada hors Québec, plusieurs organisations prétendument laïques sont victimes de cette arnaque et ont abandonné la laïcité.

Les « woke » font le jeu de la droite politique

La vision du monde manichéenne des « woke », où tout se divise entre le bien et le mal absolus, les conduit à calomnier quiconque serait en désaccord avec eux, les accusant d’être « xénophobes », « racistes » ou « fascistes ». C’est une attitude très infantile. Leurs accusations contre leurs critiques perdent toute crédibilité. Les gens raisonnables qui voient bien ce qui se passe peuvent être intimidés, au point de se taire, mais ils se rendent tout de même compte que beaucoup de ceux qui se disent actuellement de gauche sont destructeurs et insensés. Cela conduit beaucoup qui seraient normalement des sympathisants de gauche à considérer le centre politique ou la droite. C’est l’une des raisons qui expliquent l’élection de Donald Trump en 2016.

La droite politique confond souvent les « woke » et la gauche politique. Il n’y a rien de surprenant en cela, car cette confusion sert leurs intérêts. Étant donné que les « woke », ou du moins les plus pieux des « woke », sont évidemment des fanatiques irrationnels, leur coller une étiquette « gauchiste » discrédite la gauche et fait mieux paraître la droite politique en comparaison.

Je suis convaincu que Martin Luther King Jr. et Karl Marx seraient tous les deux outrés par l’irrationalité de le fanatisme des « woke ».

Les « woke » ont trahi la gauche

La mentalité « woke » est réactionnaire et rétrograde, une dégénérescence de la gauche politique en un culte qui s’apparente parfois davantage à la droite politique, parfois allié à l’extrême droite religieuse, et généralement perdu dans un territoire bizarre et mal cartographié. Les « woke » ont trahi la gauche. Ils ont abandonné l’universalisme, l’objectivité, la laïcité et la liberté d’expression. Tout en prétendant promouvoir la diversité et l’inclusion, en réalité les « woke » sont puritains, dogmatiques, fermés d’esprit et extrêmement intolérants, constamment chasseurs de sorcières. Ils ont en grande partie laissé tomber les questions d’économie et de classe. Ayant remplacé les problèmes économiques par une racialisation obsessionnelle de tout, ils voient du racisme partout, mais seulement les formes de racisme qu’ils reconnaissent dans l’histoire des États-Unis, car ils sont très bornés, voyant tout à travers une lentille américaine. Les « woke » répondent à presque tout désaccord par des accusations ridicules. Ils ne tolèrent aucune dissidence. La diversité intellectuelle leur est étrangère. Leur obsession pour les minorités et leur anti-universalisme conduisent inévitablement à la fragmentation et à la division.

Le « wokisme » est un désastre pour la gauche, conduisant à sa quasi destruction. Nous avons maintenant devant nous la tâche de reconstruire la gauche sur les valeurs universalistes des Lumières.

Wokisme ≈ Post-gauchisme ≈ Post-Marxisme + Postmodernisme

Prochain billet de blogue : À annoncer

The “Woke” are Not the Political Left, Part II

2020-08-16

The “woke”—that is, the regressive pseudo-left—are not part of the political left. They left the left when they abandoned Enlightenment values.

This blog is the second of two parts.

Sommaire en français

La soi-disant « gauche » régressive, connue couramment comme les « woke », ne font pas partie de la gauche politique. Ils ont quitté la gauche au moment où ils ont renoncé aux valeurs des Lumières.

Le présent blogue est la deuxième de deux parties.

…continued from Part I.

The Woke Antiracist Movement is Anti-Universalist and Racist

The woke are obsessed with minorities and with personal identity, to the detriment of our common humanity. Intersectionality combined with multiculturalism and the other ingredients of the woke mentality create a toxic mixture which leads to an overemphasis on minorities and contempt for majorities and the universal. Some minorities are favoured obsessively, granting them near impunity, while the corresponding majorities are denigrated. Thus, the current antiracist movement has itself become racist. Furthermore, in true parareligious fashion, the most extreme so-called antiracists make the non-falsifiable claim that racism is literally ubiquitous. Instead of asking if racism is present in a given situation, they ask “Where is the racism here?” and assume that it is never absent. The result is a politics of guilt and paranoia. This approach is nonsensical, for if racism is always present, then the word loses all objective meaning.

A half-century or more ago, during the civil rights movement which was so important in the fight against anti-black racism in the U.S.A., especially in the southern states, right-wing opponents would sometimes accuse civil rights activists of “reverse racism” against non-blacks. Similarly, in the heyday of second-wave feminism, those who opposed sexual equality would sometimes accuse feminists of hating men. These were both obvious attempts to denigrate the civil rights and feminist movements. No one was fooled by such self-evident deception. Both movements were universalist, promoting equal rights for blacks and women without attacking non-blacks and men in general. However, the situation today is much different. Given the obsession with identity, especially minority identity, which is a hallmark of the woke mentality, denigration of whites, men and other non-minority groups has become the norm.

The Woke Oppose Privilege Rather Than Fight Discrimination

One of the maxims of the woke mentality is the concept of “white privilege” which is a backwards approach to antiracism. If so-called white people have the advantage of not being discriminated against, that is not a privilege; rather it is a right, a basic human right. If blacks are discriminated against, that is not a lack of privilege, rather it is a denial of rights. The proper approach to antiracism is to promote equal rights for all, universally, regardless of racial group, and to oppose discrimination against any group. To emphasize white privilege leads to a politics of guilt and resentment, indirectly strengthening the political right.

Instead of equality, i.e. equality of opportunity, the woke promote equity which implies equality of outcomes. Furthermore, if equality of outcomes is not achieved, and it practically never is, then the woke generally assume that the situation is caused by some kind of prejudice such as racism or sexism. Thus, if a profession does not display the same demographic diversity as the general population, then prejudice is assumed to be the cause. This is irrational because, as James Lindsay observes:

this is literally impossible without large-scale social engineering including forced quotas. (Random stochasticity, that is, noise in the system, should make perfect alignment with prevailing demographic percentages extremely improbable, after all, even if the system were perfectly free of difference and discrimination of every sort.) That means that “Equity” implies using identity-based quotas and vigorous social engineering to achieve them.

The Diversity Delusion

This is what got James Damore fired by Google, because he wrote a rather innocuous document in which he suggested that maybe part of the explanation for lower numbers of women in software jobs could be the preferences of women. In other words, sexism may not be the only reason. But such ideas are blasphemy for the woke, so he was fired.

The Woke Oppose Secularism

The woke abandonment of Enlightenment values and its rejection of left-wing values are most blatant in woke opposition to secularism. Their obsession with minorities extends to even religious minorities. The woke tend to conflate race and religion, which amounts to jettisoning freedom of conscience and condemning individuals to the religion into which they had the bad luck to be born. This racialisation of religious affiliation plays right into the hands of fundamentalists, especially Islamists.

With Islamoleftism added into the wokeness mixture, Muslims are given special priority and impunity, especially the most pious and even fundamentalist. This leads to extreme complacency with respect to Islam and Islamism. So-called “Islamophobia” is condemned. The whole process is rendered even more toxic by the non-recognition of some minorities. For example, secular Muslims are ignored, as they do not fit the Muslim stereotype which the woke insist upon, where women are veiled and men are groomed stereotypically, etc. Ex-Muslims are denigrated even further.

WWLD: What Would the Left Do?

A truly left-wing approach to religion would be to defend freedom of conscience, which includes both freedom of and freedom from religion, while criticizing religion, all religion, frankly and unabashedly. This means, for example, that the three Abrahamic monotheisms—Judaism, Christianity and Islam, to name them in historical order—should be regular targets of left-wing criticism because, taken together, they represent the most important religious block on the planet. The very idea that Islam should enjoy some sort of immunity from criticism, or that Christianity should be targeted far more often, are utterly incompatible with secularism which is a core value of the Enlightenment. And yet, that is precisely the woke approach: give Islam a free ride because it is considered to be the religion of the oppressed. The spread of the nonsense term “Islamophobia” is a prime manifestation of the privileges which the woke grant to Islam.

A Marriage Made in Hell

The woke love affair with Islam is not the only illustration of how the woke are not leftists, but it is a particularly glaring and shameless one. The woke facilitate and support fundamentalist Islam, an extreme right-wing politico-religious ideology which is to the right of Naziism, and they so do at least indirectly and sometimes even directly. One example of this is the acceptance of Linda Sarsour as a leader of the “left.”

The antisecularism of the woke is particularly evident in the fanatical opposition to Quebec Bill 21 which the woke vilify without even attempting to understand the relevant issue. Support for secularism in the English-speaking world has always been weak, but now, with the advent of the woke mentality which conflates race and religion, the situation is even worse. Some antisecularists even go so far as to denounce secularism as “racist.” In Canada outside Quebec, several ostensibly secular organizations have fallen victim to this scam and have abandoned secularism.

The Woke Strengthen the Political Right

The Manichean worldview of the woke, seeing everything as either good or evil, lead them to slander anyone who disagrees with them as “xenophobic” or “racist” or “fascist.” This is a very infantile attitude. Accusations of being far-right have begun to lose all credibility. Reasonable people who see what is happening may be cowed into silence, but they recognize that many of those who currently call themselves leftist are destructive and foolish. This leads many with normally leftist sympathies to consider the political centre or right. This is one of the reasons Donald Trump was elected in 2016.

The political right will often conflate the woke with the political left. This is not surprising, as it is in their interest to do so. As the woke, or at least those who are the most woke, are clearly irrational fanatics, labelling them as leftists discredits the left and makes the political right look better in comparison.

Both Martin Luther King Jr. and Karl Marx would undoubtedly be outraged by the irrationality and fanaticism of the woke.

The Woke Have Betrayed the Left

The woke mentality is reactionary and retrograde, a degeneration of left-wing politics into a cult which is sometimes more akin to the political right, sometimes allied with the religious far-right, and generally just lost in some ill-defined neverneverland. The woke have betrayed the left. They have abandoned universalism, objectivity, secularism and free speech. While claiming to promote diversity and inclusion, in reality the woke are puritanical, dogmatic, closed-minded and extremely intolerant, constantly witch-hunting. They have largely abandoned economic and class issues. Having replaced economic issues with an obsessive racialization of everything, they see racism everywhere, but only those forms of racism which they recognize from the USA, because they are very parochial, seeing everything through an American lens. The woke respond to almost any disagreement with ridiculous accusations. They tolerate no dissent. Intellectual diversity is foreign to them. Their obsession with minorities and their anti-universalism lead to inevitable fragmentation and division.

Wokism is a disaster for the left, leading to its near destruction. The task now is to rebuild the left on universalist, Enlightenment values.

Wokism ≈ Post-leftism ≈ Post-Marxism + Postmodernism

Next blog: Les « Woke » ne sont pas de gauche

The “Woke” are Not the Political Left, Part I

2020-08-14

The “woke”—that is, the regressive pseudo-left—are not part of the political left. They left the left when they abandoned Enlightenment values.

This blog is the first of two parts.

Sommaire en français

La soi-disant « gauche » régressive, connue couramment comme les « woke », ne font pas partie de la gauche politique. Ils ont quitté la gauche au moment où ils ont renoncé aux valeurs des Lumières.

Le présent blogue est la première de deux parties.

The term “woke” is an Afro-American slang expression meaning politically awake, politically aware, especially about social justice issues. However, the word has come to acquire a much wider meaning and now refers to the dominant current of thought in ostensibly left-wing politics in the USA, Canada and several other countries. And yet, this school of thought is in reality not on the political left because it has abandoned Enlightenment values.

Those Enlightenment ideals include reason, tolerance, freedom, progress, universalism, human rights and secularism. Taken collectively, they are often referred to as modernism. The Enlightenment has given us much of what we take for granted today. Its products are many and include: the concept of human rights, the abolition of slavery, liberalism, Marxism, modern science and technology, the U.S. Constitution, the French Declaration of the Rights of Man and the Citizen (1789) and secularism law (1905), the UN Universal Declaration of Human Rights and much more.

The Origin of the Political Left and Right

As many readers will recall, the terms “left” and “right” when used in the political sense originated from the seating arrangements in the National Constituent Assembly (Assemblée nationale constituante) during the French Revolution starting in 1789. Those seated on the left side of the chamber were generally supportive of the revolution, republicanism and secularism whereas those seated on the right remained loyal to the monarchy, the clergy and traditional institutions of the Ancien régime. These two poles corresponded roughly to support for or opposition to the values of the Enlightenment, an intellectual and philosophical movement which had been spreading throughout Europe for about a century. Indeed, the French Revolution was itself a product of the Enlightenment, as were the American, Haitian and Russian Revolutions.

Thus, the political left referred to those who supported such Enlightenment values whereas the political right encompassed those who opposed them. The same general pattern applies today. The political left and right are defined by support for and opposition to Enlightenment ideals. If a left-wing current abandons them, then it is no longer on the political left. This is the situation with “wokism,” if I may call it that, which is also known by several other monikers such as the “regressive (pseudo)left” and, my preferred term, the “anti-Enlightenment pseudoleft.” The woke are left mostly in name only. Their mentality has become dominant among those who claim to be leftists and even centrists. There is (almost) no (real) left left.

Political & Philosophical Roots of the Woke

The woke mentality is based on a number of political and philosophical sources:

  • Intersectionality, an obsession with personal identities, especially minority identities, which amounts to a simplistic point-system for determining who is lucky enough to have the most oppression points.
  • Multiculturalism, or cultural relativism, an anti-universalist political ideology which attaches greater importance to ethnic or religious affiliation than it does to either universal rights or to citizenship.
  • Postmodernism, a philosophy associated with cultural relativism and inspired by a scepticism about modernist ideas of objectivity, rationalism and knowledge.
  • Post-Marxist defeatism, a degeneration of Marxism, resulting from Marxism’s failure to deliver on its promise of a brighter future based on Enlightenment ideals. This has led to blaming the Enlightenment itself. Also known as neo-Marxism, or cultural Marxism, or cultural post-Marxism
  • Islamoleftism, an extension of the previous point, a further degeneration of post-Marxism, in which the priority traditionally accorded to class and economics is now replaced by the defence of minorities, especially Muslims.

Thus the woke mentality is derived, partially at least, from left-wing thought, but it is a perversion and degeneration of it. In particular, Wokism is not Marxist. Marxism has a lot of negative and dubious things to answer for, but you cannot blame Marxism for woke insanity. To put it succinctly, the woke mentality is a form of “post-leftism” which is approximately a combination of post-Marxism and postmodernism.

James Lindsay, who has studied these issues extensively, sums up the situation thus:

Marxism is an economics-based social theory, and Critical Social Justice actually usurps economic analysis and obscures it to use it as a proxy for its peculiar approach to identity politics. To be more specific on that, for example, it’s overwhelmingly obvious that economic causes are the sources of many of the phenomena Critical Race Theorists name as “systemic racism,” but they use the fact that there are statistical economic differences by race to claim that racism (not capitalistic exploitation) are the ultimate causes of those differences. Thus, they make class a proxy for the site of oppression that they’re actually obsessively focused upon, race, and thereby obliterate any possibility for liberal, rational, or even materialist or Marxist analysis of the underlying issues.

The Complex Relationship Between Marxism and Wokeness

Parareligion

Wokism at its worst is a modern parareligion. I define a parareligion as an ideology which is not a religion in the strict sense of the word because there is no obvious supernatural element, but which nevertheless behaves somewhat like one because it displays some of the following characteristics which are typical of religion:

  • Dogmatism, a rejection of reason.
  • A penchant for non-falsifiable assertions, i.e. hypotheses which can never be disproven and are thus meaningless. Example: “God” is responsible for everything: if good things happen, then praise “God” — however if bad things happen, “God” works in mysterious ways.
  • Manichaeism, a worldview divided into absolute good and evil, denying moral nuances and ambiguities.
  • Moralism, an obsession with personal morality, again neglecting moral complexities.
  • Privileges for the faithful, thus opposing universalism.
  • Cult of personality, i.e. worship of gods or goddesses, or deification of human leaders.
  • Etc.…

One example of a parareligion is authoritarian communism of the Stalinist, Maoist or North Korean variety, where dogmatism and the cult of personality are particularly obvious. Various pseudosciences (homeopathy, astrology, etc.) and some conspiracy theories can also be viewed as parareligions.

The Woke Parareligion

The woke parareligion displays most of the above characteristics (although not the cult of personality). It is extremely dogmatic, Manichaean and moralistic, and while it pretends to value “diversity” it is zealously opposed to intellectual debate and diversity. This is manifested by so-called cancel culture, basically social censorship of anyone who disagrees with the woke mentality or who is judged (summarily, without due process) to be morally dubious. The woke are obsessively hostile to those whom they consider to be privileged (whites, men, etc.) and the woke program is to privilege the other pole. Thus, racial and other minorities, even religious ones such as Muslims, are given special consideration, just as Judaism considered the Hebrews to be the chosen people. This implies the abandonment of universalism which values equality for all, regardless of race, sex, etc.

To be continued in Part II.


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