La nécessité de la Loi 21

Réponse au pseudo-argument
« La Loi 21 ne répond à aucun besoin existant. »

2021-04-14
Mise à jour : 2021-04-15

Dans le contexte actuel de la prolifération de l’idéologie islamiste, la Loi 21 est nécessaire.

In English This blog is available in English translation: The Necessity of Quebec Bill 21

Un des pseudo-arguments préférés des adversaires de la Loi 21, c’est de prétendre que cette loi ne serait pas nécessaire, qu’elle ne répondrait à aucun besoin réel. Ce faux argument s’explique dès que nous le considérons en lien avec un autre pseudo-argument favori des antilaïques : que la Loi 21 serait « discriminatoire », et en particulier « discriminatoire » contre les Musulmanes.

Il faut bien comprendre le contexte dans lequel nous vivons : la prolifération de l’idéologie islamiste.

Pour bien saisir les enjeux ici, il faut comprendre le sens objectif du voile islamique. Ce voile, qu’il soit hijab, tchador, niqab, burqa, etc., est évidemment un étendard de l’islam radical, c’est-à-dire de l’islamisme. C’est un uniforme politique et un outil de pénétration de l’islamisme dans nos sociétés, un marqueur du territoire que les islamistes cherchent à occuper, avec la complicité d’une certaine « gauche » que l’on nomme « islamogauche », ainsi que d’autres adeptes du relativisme culturel. Le voile est aussi un très fort symbole misogyne et sexiste, ainsi qu’une icône de l’obscurantisme religieux intégriste.

Ne pas reconnaître cette évidence, cette réalité objective — prétendre au contraire que le voile ne serait qu’un simple choix vestimentaire —, est une sottise inexcusable.

Nous savons aussi que le sens religieux que les promoteurs du voile donnent à cet accoutrement en est un de pureté. C’est-à-dire que le voile est un signe de pureté qui indique que celle qui le porte est une bonne Musulmane qui mérite le paradis et, par contre, que la femme qui n’en porte pas (et surtout une Musulmane qui n’en porte pas) est impure et mérite l’enfer. Voilà donc le « choix » dont il s’agit: entre le paradis et l’enfer.

Cette réalité objective du voile est complètement indépendante de la mentalité ou de l’intention de la femme qui le porte : celle-ci peut le porter par choix et être complètement inconsciente de la signification politique du voile ; ou, elle peut le porter parce qu’elle y est obligée par sa famille ou sa communauté ; ou elle peut être une partisane intentionnelle de l’islamisme. Rien de cela ne change le fait que ce voile demeure un drapeau islamiste.

Or, étant donné cette réalité, il est évident que la Loi 21 et les mesures semblables qui interdisent le port de signes religieux dans les espaces étatiques sont tout à fait nécessaires afin de contrer cette campagne islamiste. Et pour être juste, pour ne pas discriminer une religion en particulier, il faut que ces interdictions s’appliquent aux signes visibles de toutes les religions.

Donc, la Loi 21 est nécessaire et, en plus, elle est conçue pour ne pas discriminer. Voilà que deux pseudo-arguments des antilaïques s’avèrent entièrement nuls. Quant aux adversaires de la Loi 21 qui emploient ces prétextes, ou bien ils se trompent complètement, ou bien ils sont d’une malhonnêteté abusive.


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Le prosélytisme passif

2020-12-11

Le port de signes religieux par les fonctionnaires et enseignant(e)s au travail est une forme de publicité religieuse inacceptable et un privilège indu accordé aux croyant(e)s.

Summary in English The wearing of religious symbols by civil servants and teachers on duty is a form of unacceptable religious advertising and an undeserved privilege granted to believers. See the English version of this blog, Passive Proselytism.

Dans le récent (2020-12-08) communiqué de presse de Libres penseurs athées, nous lisons cette explication de l’importance d’interdire le port de signes religieux par les employé(e)s de l’État :

[…] permettre aux représentants de l’État de faire de l’affichage idéologique dans la fonction publique, pourvu que leur idéologie soit religieuse, constitue un privilège indu accordé aux religions. Les conséquences de ce privilège sont (1) une atteinte à la liberté de conscience des usagers des services sociaux et des élèves dans les écoles publiques, en les exposant au prosélytisme et à l’endoctrinement passifs que constituent ces manifestations religieuses partisanes ; et (2) […]

Nier que le phénomène du prosélytisme passif puisse exister, c’est une stratégie des opposants à la Loi 21, c’est-à-dire les anti-laïques. Il faut être très malhonnête et d’une mauvaise foi extrême pour nier cette réalité. C’est une évidence.

Lorsqu’on voit de la publicité à la télévision, ou dans une revue imprimée, ou sur un panneau d’affichage, on est ciblé par le prosélytisme passif de type commercial. Personne ne peut nier l’efficacité de ce prosélytisme — et encore moins son existence même ! Les entreprises dépensent des millions de dollars pour acheter de cette publicité-là, parce que ça marche.

Si on permet aux croyants religieux engagés dans la fonction publique ou dans les écoles de porter et afficher leurs signes religieux au travail, il s’agit de prosélytisme passif de type religieux. Remplacer la kippa, le crucifix ou le hijab par une grosse annonce de MacDo ou d’un autre produit à vendre sur les vêtements du ou de la fonctionnaire, ce serait évidemment de la publicité inacceptable. La kippa, le crucifix et le hijab constituent également de la publicité inacceptable dans ce contexte.

le but du prosélytisme religieux n’est pas nécessairement de convertir quelqu’un, tout comme le but de la publicité commerciale n’est pas toujours de vendre un produit directement.

Il faut se rappeler que le but du prosélytisme religieux n’est pas nécessairement de convertir quelqu’un, tout comme le but de la publicité commerciale n’est pas toujours de vendre un produit directement. Souvent, c’est dans le but de promouvoir une marque ou une idéologie, de normaliser et de banaliser la présence de cette marque, pour qu’elle soit acceptée et reconnue par les gens qui y sont exposés.

Au fait, une pratique courante chez les anti-laïques est d’insister sur une définition très restreinte du mot prosélytisme, limitant son sens à celui de vouloir convertir à la religion du signe. Ensuite, ils exigent des études quantitatives pour prouver que les signes ont des effets prosélytes. C’est complètement incohérent.

Patrick Taillon, qui a été témoin-expert pour la Procureure-Générale du Québec (PGQ) devant la Cour supérieure du Québec en novembre 2020 (la cause Hak contre PGQ) explique, dans une entrevue radiophonique avec Antoine Robitaille, qu’on n’a pas demandé d’étude quantitative de l’impact de la prière sur les personnes assistant aux réunions du conseil municipal de Saguenay lorsque la Cour suprême du Canada a entériné l’interdiction de cette prière en 2015. La Cour n’a pas exigé non plus que le plaignant athée démontre que cette prière risquait de le convertir au christianisme. Or, le port de signes religieux par des agents de l’État présente une situation semblable. Il n’est vraiment pas nécessaire de prouver explicitement les effets de ces signes religieux, surtout sur les enfants.

[…] prosélytisme religieux interne — c’est-à-dire qui vise les co-religionnaires de la personne qui porte le signe.

Il faut aussi reconnaître l’importance du prosélytisme religieux interne — c’est-à-dire qui vise les co-religionnaires de la personne qui porte le signe. C’est souvent le but du voile islamique, de transmettre le message que la femme qui le porte est une bonne musulmane pure, tandis que les musulmanes que n’en portent pas sont de mauvaises musulmanes impures qui méritent l’enfer et devraient peut-être l’adopter.

Permettre le port de signes religieux par les enseignant(e)s, c’est bafouer le droit des élèves à une éducation sans endoctrinement, dans un environnement scolaire sans prosélytisme. Nul besoin d’étude quantitative. Le principe de la laïcité — en particulier la séparation entre les religions et l’État — suffit pour justifier une interdiction.

le fardeau de la preuve incombe à ces anti-laïques.

Si les adversaires de la Loi 21 veulent donner aux croyants et aux croyantes le privilège de pouvoir faire de la publicité religieuse sur la job, le fardeau de la preuve incombe à ces anti-laïques. Ce sont eux que doivent fournir des preuves qu’il n’y aura aucun effet sur les élèves.

La Loi 21 établit un compromis raisonnable entre les droits des employés de l’État et les droits des élèves et usagers.


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L’ineptie d’Émile Bilodeau

2020-07-01

Ma réplique à un texte de Madeleine Pilote-Côté, intitulé Quand le désaccord suscite la haine, paru le 29 juin 2020 dans le Journal de Montréal.

Summary in English My response to an article by Madeleine Pilote-Côté, entitled Quand le désaccord suscite la haine (When Disagreement Gives Rise to Hatred), published in the Journal de Montréal on 29th June 2020. Pilote-Côté objects to the fact that Émile Bilodeau, a singer who participated in the recent broadcast of Quebec’s Fête nationale, was criticized for wearing an anti-Bill-21 lapel pin during the show.

Madame Madeleine Pilote-Côté,

Dans votre texte du 29 juin 2020, vous vous fâchez du fait que le chanteur Émile Bilodeau ait été vertement critiqué pour avoir porté un macaron anti-Loi-21 durant le récent spectacle de la Fête nationale. Vous dites même qu’il aurait reçu des menaces de mort. Évidemment, de telles menaces sont inacceptables, peu importe la situation. Mais le geste d’Émile Bilodeau était tout de même inapproprié.

Sur la même scène que le jeune Bilodeau se trouvait aussi Paul Piché qui, à ce que je sache, appuie la laïcité ; du moins, il a accordé son appui à la Charte de la laïcité proposée en 2013-2014 par l’ancien gouvernement du PQ. Mais Piché a été discret ; il n’a pas affiché de macaron pro-Loi-21. Un tel affichage aurait été déplacé aussi dans le contexte de ce spectacle. Pourquoi les opposants de la laïcité n’ont-ils pas le même savoir-vivre que ses défenseurs ?

Pour la Loi 21

D’ailleurs, Mme Pilote-Côté, dans votre texte vous véhiculez des faussetés au sujet de la Loi 21. Cette dernière n’est aucunement discriminatoire car elle s’applique à toutes les religions et à toutes les personnes, aux hommes autant qu’aux femmes. La Loi 21 ne demande pas « à des gens de renoncer à leurs valeurs » comme vous le prétendez ; au contraire, elle ne fait qu’imposer une contrainte de comportement raisonnable à certains fonctionnaires pour des raisons d’éthique professionnelle. Vous avez le droit de vous opposer à cette Loi, mais il est inacceptable de la présenter sous un faux jour comme vous le faites éhontément.

Macarons Loi 21

L’indiscrétion d’Émile Bilodeau lors de ce spectacle de la Fête nationale québécoise est particulièrement saugrenue. L’opposition à la Loi 21 provenant du Canada hors Québec est d’une intensité, d’une hystérie et d’une malhonnêteté si extrêmes qu’il faudrait la qualifier de campagne de propagande haineuse anti-québécoise. En effet, à écouter ces opposants de la laïcité — qui répètent ad nauseam les mêmes faussetés que vous —, on dirait que le Québec serait un véritable cloaque de persécution religieuse, de xénophobie et pire.

Dans ce contexte où les Québécois sont actuellement la cible de cette atroce propagande, l’ineptie d’Émile Bilodeau est flagrante. Lors d’un spectacle ayant pour but de célébrer la fierté nationale d’un peuple, afficher sa solidarité avec la haine contre ce même peuple est tout à fait déplacé.

David Rand, Montréal


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