Le Québec est laïque !

2019-06-17

Une date historique et une grande victoire ! Le 16 juin 2019 L’Assemblée nationale a adopté la Loi 21 Loi sur la laïcité de l’État Le Québec est devenu un État laïque !

Communiqué du Rassemblement pour la laïcité, 2019-06-17 : Enfin la laïcité !

An Historic Date and a Great Victory! 16th June 2019 The National Assembly Adopts Bill 21 An Act respecting the laicity of the State Quebec Becomes a Secular State!

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Plaidoyer pour la laïcité dans les hôpitaux

2019-05-04

Il est à souhaiter que le projet de loi laïque proposé au Québec soit étendu pour s’appliquer au personnel dans les hôpitaux. Andréa Richard nous explique pourquoi.

Summary in English The draft bill on secularism proposed by the current Quebec government should be extended to apply to medical personnel in hospitals. Andréa Richard explains why.

This blog is also available in English.

Le projet de loi 21 récemment proposé par le gouvernement du Québec — accueilli très favorablement, et par la population et par l’ensemble des associations laïques au Québec — représente une excellente avancée pour la laïcité. Toutefois ce projet de loi demeure très incomplet. Il interdit le port de signes religieux par les fonctionnaires en positions d’autorité, y compris les enseignant(e)s dans les écoles publiques, mais cette interdiction ne s’applique pas aux hôpitaux.

Andréa Richard, ancienne religieuse, auteure des livres Au-delà de la religion et Femme après le cloître et lauréate du Prix Condorcet-Dessaulles 2018, s’inquiète de cette lacune. Elle s’est donc adressée à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec par le biais d’un mémoire dans lequel elle explique éloquemment la nécessité de neutralité religieuse chez le personnel médical. Ce mémoire n’est pas encore publié (il le sera éventuellement sur le site web de l’Assemblée nationale), mais Mme Richard m’a gentiment permis d’en citer quelques extraits. Elle présente d’abord la problématique :

Je me demande s’il vous serait possible, lors des échanges parlementaires, de soulever et de régler le problème réel que constituent les signes religieux ostentatoires portés par des médecins ou infirmières. Il serait opportun d’en parler maintenant pour que la Loi 21 sur la Laïcité en soit plus complète. Plus tard, il sera peut-être trop tard, et d’évidence plus laborieux.

Au fait, permettre aux médecins et infirmières de porter de tels signes constituerait un accommodement religieux, un privilège accordé aux religions, un avantage qui bénéficie à certain(e)s employé(e)s au détriment des autres. Ces accommodements religieux constituent forcément des entorses à la neutralité religieuse.

Ceux qui demandent aujourd’hui des accommodements de nature religieuse sont considérés par leurs communautés respectives comme des fanatiques. En leur accordant ce qu’ils demandent, nous ne servons pas le progrès de notre société, mais favorisons tout au contraire un fondamentalisme religieux qui freine son évolution.

Venons-en au cœur du problème, avec quelques exemples pour bien l’illustrer :

Dans un hôpital, des malades parfois ou souvent vulnérables, n’ont pas à subir des malaises devant des soignants qui se doivent d’être là pour le confort du patient. […]

Imaginez un homme mourant, qui aurait été, dans sa jeunesse, violé par un prêtre pédophile et qui voit arriver à son chevet un prêtre à col romain et crucifix, pour lui demander s’il veut les derniers sacrements ? Il y aura certes un malaise, et peut être plus…

Imaginons une musulmane hospitalisée qui a été battue par son père parce qu’elle ne voulait pas porter le voile et qui voit arriver, pour prendre soin d’elle, une infirmière ou une femme médecin voilée, quelle sera sa réaction ?

Parce que athée, mon beau-père avait demandé qu’advenant son hospitalisation de ne pas avoir de prêtre à son chevet. Or, l’aumônier de l’hôpital s’est présenté pour lui donner les derniers sacrements. Il était mourant, ne pouvant même plus faire signe de refus…

Les signes ostentatoires religieux ont comme signification ostensible une doctrine par-delà même notre seule et commune humanité. Ils sont l’image visible d’un intégrisme religieux.

Mme Richard répond très efficacement au jeu de victimisation que jouent certains apologistes religieux dans le but de dénigrer la laïcité :

Prétendre qu’une employée qui travaille pour l’État et qui ne veut pas enlever son signe religieux ostentatoire est renvoyée est tout à fait incongru, car c’est elle-même qui s’exclut en choisissant sa religion plutôt que son travail. Si quelqu’un considère qu’il ne peut obéir à des règlements établis, il lui revient de faire un choix entre ses convictions religieuses et ses obligations professionnelles.

La tolérance absolue n’est pas une vertu :

Si la tolérance est louable, une tolérance de l’intolérable peut facilement s’apparenter à une démission. Le signe religieux est, quant à lui, inapproprié sur le vêtement d’un fonctionnaire, car ce signe n’est pas « propre » à sa fonction. […]

La société de demain sera soit théocratique, soit laïque. Pour le bien des générations futures, il nous faut prendre nos responsabilités sans quoi elles nous taxeront d’être retournés au Moyen Âge et elles auront raison. […]

Accorder des accommodements religieux favorise le développement d’un communautarisme qui dissimulerait des visées intégristes et fondamentalistes. Parler au nom de Dieu c’est de l’usurpation. L’accepter c’est se rendre complice du mensonge.

Pour conclure, Mme Richard nous rappelle notre devoir de résister à la vague d’obscurantisme religieux qui déferle actuellement sur le monde :

Le fondement de toutes les religions repose sur un endoctrinement d’origine strictement humaine dont les préceptes sont erronés et forcément mensongers. Lorsque nous consentons des accommodements aux religions ou à leurs membres et que nous cautionnons d’une manière ou d’une autre, nous nous rendons complices des erreurs et des mensonges.

Une prise de conscience s’impose.


Prochain blogue : For Secularism in Hospitals

David Rand’s Personal Blog

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About this blog

À propos de ce blogue

This website is my personal blog—as opposed to blogs published on the site of Atheist Freethinkers (AFT). Here, most, but not all, of my blog articles are in English, accompanied by a brief summary in French, although some blogs are in French with an English summary and some are available in both languages. Most of my writings here deal with atheism, secularism and related issues, although not exclusively.

Ce site web est consacré à mon blogue personnel — pour le distinguer de blogues publiés sur le site de Libres penseurs athées (LPA). Sur ce site-ci, la plupart des billets de blogue (mais pas tous) sont en anglais, chacun accompagné d’un bref résumé en français. Mais quelques billets sont en français avec un résumé en anglais et certains sont disponibles dans les deux langues. La plupart traitent de l’athéisme, de la laïcité and de sujets connexes, mais parfois je m’aventure au-dehors de ces champs.



Some quotes from these blogs

Quelques citations de ces blogues

“The Islamist veil is a purity symbol, a form of slut-shaming. Wearing it means that other women who do not wear it, especially Muslim women who do not wear it, are impure, i.e. ‘easy.’”
Summary: The Islamist Veil

« s’il existe dans la société québécoise des préjugés ou des comportements blessants à l’égard de certaines minorités religieuses, ce n’est pas le résultat de Loi 21. Au contraire, un des buts de cette Loi est justement d’endiguer de tels comportements ! »
Le juge Yergeau reconnaît que la Loi sur la laïcité ne fomente pas la haine

“Given their lack of any plausible line of reasoning, antisecularists, in their vituperations against Quebec Draft Bill 21, have a strong tendency toward dishonesty, irresponsible speculation and sometimes complete nonsense. Here are a few examples.”
Quebec Bill 21 Causes Earthquakes, Anal Warts and the Collapse of Civilisation

« Lorsque le voile est porté par une enfant, cette ségrégation sociale est beaucoup plus sérieuse, privant la fillette d’une enfance normale en érigeant une barrière entre elle et les autres enfants. »
La CCDP endosse la maltraitance religieuse des fillettes

“Religious symbols are highly partisan and often political in their implications. It is reasonable to put restrictions on their display by public servants, similar to current restrictions on political expression.”
Tobacco, Politics and Religion

« permettre aux médecins et infirmières de porter de tels signes constituerait un accommodement religieux, un privilège accordé aux religions,[…] Ces accommodements religieux constituent forcément des entorses à la neutralité religieuse. »
Plaidoyer pour la laïcité dans les hôpitaux

“Locke is probably the reference for secularism in the English speaking world, but I would call his vision pseudo-secularism because of its assumption that everyone with any concept of ethics, any right to live in society with others, has a religion, and indeed a theistic religion.”
Secularism: Lockean and Republican

« Plusieurs croyants, dans le but d’obtenir un privilège ou un accommodement, veulent nous faire croire que leur pratique religieuse serait une « obligation », c’est-à-dire quelque chose d’inné, d’intime et d’immuable. Mais c’est un leurre, »
The Myth of Religious Obligations

“The arrogance and paternalism of British imperialism have been recycled and repackaged as multiculturalism.”
Hate Quebec, Hate Secularism

« la dénégation du droit d’apostasier est étroitement liée à la mentalité essentialiste qui soutient le multiculturalisme et le mythe de l’obligation religieuse. »
Apostasy is a Human Right

“use of the censorious accusation of ‘Islamophobia’ enables Islamofascism by making it even more difficult to criticize the excesses of political Islam and Islamist theocracies. In particular this harms the people who are already in a difficult position: gays, other sexual minorities, apostates, etc. who are persecuted by Islam.”
Pride & Shame in Toronto & London

« Une récente manifestation à Montréal par des militants soi-disant “anti-racistes” montre encore une fois que les ennemis de la laïcité manquent tristement d’intégrité morale et intellectuelle. »
The Moral and Intellectual Bankruptcy of Antisecularists



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An Open Letter to the Council of Canadians

2019-02-12 Epilogue ajouté le 2019-02-13

In this blog, I respond to an article which appears on the website and in a bulletin of the Council of Canadians. The article, which apparently represents the position of the Council, associates the massacre of January 29th 2017 with so-called “Islamophobia,” “racism” and “white supremacy” and exploits the massacre in order to denigrate secularism and vilify those who support it.

Sommaire en français Je répond un article paru récemment sur le site web et dans un bulletin du Conseil des Canadiens (Council of Canadians). Ce texte, qui représente apparemment la position du Conseil, associe le massacre du 19 janvier 2017 aux soi-disant « islamophobie », « racisme » et « suprémacisme blanc » et instrumentalise cet événement pour dénigrer la laïcité et diaboliser ceux et celles qui l’appuient.

Your email bulletin of January 30th 2019, contained the following article by Rachel Small: Commemorating the second anniversary of the Quebec City Mosque attack.

The content of Small’s article is dishonest and extremely tendentious. It makes repeated use of the unacceptable expression “Islamophobia” whose purpose is to stifle legitimate criticism of both Islam and Islamism. The fact that Canada’s parliament was manipulated into adopting a motion (M-103) endorsing this concept is no excuse. Progressives have a duty to reject its use. To fear a religion, especially a monotheism such as Islam or Christianity, is not an irrational “phobia” but rather a sane and healthy response to danger. The crime committed by the assassin of January 29th 2017 was not his fear, but rather where he directed it — at innocent individuals — and how he expressed it — with murderous violence. We certainly do NOT need to fight against “Islamophobia”; rather we must encourage rational discussion and criticism of religion while directing that criticism first and foremost against ideologies (rather than against human beings) and against censorship of debate.

Even worse is the article’s conflation of religion and race. Race has absolutely nothing to do with the event. Rather, it involved religion which is completely distinct from race. Small’s evocation of “white supremacy” is completely irrelevant and so misleading as to be a bald-faced lie. The misuse of this expression is an insult to the many blacks, Jews and others who have indeed been persecuted because of that ideology, especially in the USA. Currently, white supremacism is very marginal here in Canada. However, when it did have a strong presence, when the KKK had many Canadian chapters, it was virulently anti-Catholic and anti-Quebec and engaged in acts of terrorism against French-language churches and schools. The use of “white supremacy” to characterize the motives of the 2017 mosque killer is ahistorical and an insult to all Québécois.

Small’s mention of “decades of wars against Muslim-majority countries, state policy which has normalized the killing of millions of Muslims” is particularly inappropriate. Need I remind her that we are talking about a crime which occurred here, in this country, not elsewhere? If Small wishes to complain about the foreign policy of the USA, the UK or any other country, then I suggest she take her complaint to the appropriate government instead of trying to dump the blame on someone in Quebec City.

The tendentious nature of Small’s article reaches a paroxysm when she approvingly links to two other very revealing documents: The article by Jasmin Zine in The Conversation, which has published several diatribes imbued with anti-Québécois prejudice, repeats and deepens Small’s dishonest assertions. The text by Toula Drimonis in the National Observer uses the all-too-familiar false accusation of “far-right” (and again “white nationalist”!) to slur the secularism measures proposed by the newly-elected CAQ. Both Zine and Drimonis manifest a total ignorance of secularism, in particular republican secularism (laïcité).

Si la Charte de la laïcité avait été adoptée en 2014, si les partisans de cette Charte n’avaient pas été si massivement diabolisés et ciblés par des fausses accusations diffamatoires, si la population québécoise n’avait pas été si complètement abandonnée par ses chefs politiques après la prise du pouvoir par le PLQ en avril 2014, alors le massacre du 29 janvier 2017 n’aurait probablement jamais eu lieu.

Quebec has legislation which forbids public servants from wearing partisan political symbols while on the job, an eminently judicious measure. It is both reasonable and necessary to extend this ban to religious symbols, given that religions are inevitably political when they insinuate themselves into state institutions. Both the Charter of Secularism proposed by the PQ government in 2013-2014 and the measures announced by the new CAQ government are laudable efforts which progressives have a duty to support. Neither Zine nor Drimonis makes any attempt to address the solid arguments for a ban on such symbols. Their failure to do so represents journalistic incompetence. Secularism — including banning religious symbols in government — is not only the will of the people in Quebec, it is a noble and enlightened program which helps to reduce the risk of inter-religious conflict.

Regardless of the intentions of the authors of these three articles, the objective result is opposition to secularism, complacency towards political Islam and an endorsement of anti-Québécois racism.

If the Charter of Secularism had been adopted in 2014, if supporters of that Charter had not been so overwhelmingly demonized and slandered by false accusations, if the Quebec population had not been so totally abandoned by its political leaders after the Quebec Liberal Party took power in April 2014, then the massacre of January 29th 2017 would, in all likelihood, not have occurred.

The perpetrator of the mosque shooting was a psychologically unstable individual who had been the target of bullying throughout his young life. He also feared Islamist terrorism. In addition, he, like all Quebeckers, had been for years inundated with a tsunami of propaganda condemning anyone who had even the slightest misgivings about Islam or Muslims with specious accusations of Islamophobia, racism, intolerance, xenophobia, far-right affinities and a plethora of other sins. In other words, Quebeckers were subject to incessant psychological intimidation by mainstream media and many politicians, denigrating them for having legitimate concerns, vilifying them for desiring a secular state, bullying them into silence and removing all hope of healthy debate. At some point, the young man snapped.

The attitude of Small, Zine and Drimonis is dangerous and can only increase the probability of future violent acts by stigmatizing necessary criticism of religion. If the Charter of Secularism had been adopted in 2014, if supporters of that Charter had not been so overwhelmingly demonized and slandered by false accusations, if the Quebec population had not been so totally abandoned by its political leaders after the Quebec Liberal Party took power in April 2014, then the massacre of January 29th 2017 would, in all likelihood, not have occurred. I earnestly hope that the current Quebec government will keep its secularization promises because that will help repair some of the enormous damage done by irresponsible ideologues such as Small, Zine and Drimonis.


Epilogue

Pour faire contrepoids à la propagande anti-québécoise dénoncée ci-dessous, lisez donc ceci : Le calme dans la tempête, Le calme digne, le calme fort, Léolane Kemner, Journal de Montréal, 2019-02-13.


Next blog: Quebec’s Draft Bill 21 Implements State Secularism

Three Strategies of Islamists

…and their dupes and allies in non-Muslim countries

2019-02-08 Epilogue added 2019-02-08 @ 21:00

This blog summarizes three major strategies employed by Islamists and their objective allies: (1) accusations of “Islamophobia”; (2) conflation of race and religion; and (3) defamation by association with the far-right.

Sommaire en français Dans ce blogue je résume trois stratégies majeures utilisées par les islamistes et leurs alliés objectifs : (1) les accusations d’« islamophobie »; (2) confondre race et religion; et (3) diffamation par association avec l’extrême-droite.

In non-Muslim countries, Islamists, i.e. promoters of political Islam—a variant of Islam with serious political ambitions—have several key strategies. Here are three important ones:

  1. Accusations of “Islamophobia”: This strategy needs little explanation. The dishonest and incoherent nature of the term “Islamophobia” is well known and well documented. The main purpose of such accusations is to stifle, i.e. censor, legitimate criticism of Islam and Islamism.
    • The suffix “-phobia” implies an irrational fear, whereas to fear a religion, especially a dangerous monotheism like Islam or Christianity, is eminently rational, especially if that religion has political ambitions.
    • Furthermore, the term is often used incorrectly to mean a prejudice against Muslims, i.e. a group of persons, whereas Islam is not a group of persons but rather a religious ideology.
  2. Conflation of Race and Religion: Again, this strategy is well known. And again, the main purpose is to stifle criticism of Islam or Islamism by labelling the adherents of those ideologies as belonging to a “race” (which is of course nonsense) so that accusations of “racism” may be used against critics.
    • The dishonesty of this strategy is obvious: whether or not one considers race to be a fictional or a real phenomenon, it must necessarily be based on innate, immutable attributes of the individual (such as genetic inheritance, skin colour or some other physical characteristic). But religion, on the other hand, is an idea or an ideology which one can (or at least should be allowed to) change at will. When an individual adopts a new religion, or abandons their former religion, they do not thus belong to a new race, obviously. Furthermore, the conflation of race and religion amounts to a denial of freedom of conscience for religious believers.
    • If an individual has the misfortune of being born and raised in religion X, then identifying that person with religion X amounts to a denial of his/her right to think for himself or herself. In fact, identifying a child with the religion of his or her parents is already a violation of that child’s freedom of conscience. Religion should be a matter for adults only, like marriage or alcohol. Until an individual reaches adulthood and attains the maturity necessary for informed decisions on such matters, he or she should not be identified with any religion.
  3. Accusations of Far-Right Political Affinity: This strategy is very often used by the identitarian left (or more accurately, pseudo-left) to slander anyone who disagrees with it—often using or misusing the vague expression “alt-right”—and it has been gleefully borrowed by Islamists to their great advantage. This slur is based on an extremely loose definition of “far-right” or, even better, no explicit definition at all, thus allowing the label to be stuck on any person or thing one dislikes.
    • This strategy works very well for Islamists as it converges greatly with the two strategies described above, especially the second.
    • This strategy is particularly ironic and hypocritical as Islamism is itself an extreme far-right ideology, far worse than even the classic fascism of Mussolini.
    • One major example: the denigration of the Quebec government of the party CAQ (Coalition Avenir Québec) elected to power on October 1st 2018. The CAQ is a centre-right party which places it close to the defeated QLP (Quebec Liberal Party) on the left-right political spectrum in terms of economic policy. Yet the English-language media in Canada, which were very sympathetic to the PLQ, do not hesitate to associate CAQ with far-right groups. Why? Because the CAQ has committed itself to implementing several very good secular measures in Quebec (which, by the way, places it far to the left of any other government, provincial or federal, in Canada on that issue). Secularism is of course an anathema for Islamists; thus, the CAQ has already been the target of a tsunami of negative propaganda from Islamist ideologues and their dupes—just as the Parti Québécois (PQ) was several years ago and for similar reasons—and we can expect it to continue for some time.

All three of these strategies are variants of the same theme: slander, in varying degrees of intensity. Furthermore, all three are blithely deployed in the service of Islamism by non-Muslims who are duped by that ideology into becoming its unwitting allies.

Anyone who employs all three of the above strategies is an objective ally of political Islam. By “objective ally” I mean that, regardless of the person’s intentions (which are often difficult or impossible to judge), their words and/or actions objectively benefit the spread of Islamist ideology whether intentionally or not, whether they realize it or not.


Epilogue

Aislin cartoon
Click to enlarge
Source: Facebook page of cartoonist Aislin

Only hours after putting the above blog on line, I received some news that illustrates all too graphically my point, in item 3 above, about slandering the CAQ by falsing associating it with the far-right. The cartoonist of the Montreal Gazette produced the caricature on the left. It is available on-line, on the cartoonist’s Facebook page. This image does not merely transmit a message which defames the CAQ. It is a major slur directed at all those who support the CAQ’s secularism measures, including the majority of Québécois. Although the Gazette decided not to run it—a wise decision, I think—I am publishing it here because it needs to be seen in order to expose the profound and virulent hatred for Québécois which underlies opposition to the CAQ’s very reasonable and laudable plans. This is the face of anti-Québécois racism, so prevalent in English-speaking Canada.


Next blog: An Open Letter to the Council of Canadians

Laïcité, législation et gouvernement au Québec

2018-05-29, mise à jour 2018-05-31

Le 26 mai 2018, j’ai participé au Colloque « Éducation et laïcité : où en sommes-nous ? » organisé par le Mouvement laïque québécois. J’ai ouvert et géré l’Atelier 5 intitulé « Laïcité, législation et gouvernement au Québec » lors duquel les panéllistes Jérôme Blanchet-Gravel, Simon-Pierre Savard-Tremblay et Djemila Benhabib ont pris la parole. Voici mon court texte de présentation de l’atelier.

Propos haineux et blasphème

Summary in English On May 26th 2018, I particpated in a colloquium, organized by the MLQ (Quebec Secular Movement), on the subject of secularism in education in Quebec. In particular, I opened and conducted the workshop on “Secularism, Legislation and Government in Quebec.” The panelists Jérôme Blanchet-Gravel, Simon-Pierre Savard-Tremblay and Djemila Benhabib each made a presentation. Here is the brief presentation with which I opened the workshop.

Avant la loi 62, il y a eu le projet de loi 59 qui devait lutter contre les discours haineux mais qui constituait une grave menace pour la liberté d’expression. Heureusement que ce projet a été abandonné par le gouvernement en mai 2016. Mais on peut se demander si cette histoire se serait terminée de la même manière si le massacre de la mosquée de Québec était survenu quelques mois plus tôt – sachant comment les partisans de l’islam politique et leurs dupes ont instrumentalisé cette tuerie pour faire avancer leur programme, et sachant aussi combien ce projet de loi 59 avait plu aux islamistes les plus rigoristes.

Le projet de loi 59 aurait, au fait, constitué une nouvelle interdiction du blasphème et une nouvelle loi draconienne contre la propagande haineuse, mais au niveau québécois. Ces deux mesures existent déjà au niveau fédéral. Heureusement que la loi fédérale anti-blasphème est sur le point d’être abrogée. La loi fédérale contre la propagande haineuse est généralement beaucoup mieux formulée, mais comporte tout de même une exception religieuse qui accorde l’impunité aux propos haineux motivés par une croyance dans un texte religieux. Malgré une récente pétition demandant l’abrogation de cette exception, la ministre fédérale de la Justice a carrément refusé d’en faire quoique ce soit, allant jusqu’au mensonge en citant une version périmée de cette exception, une version dont la formulation était moins problématique.

De plus, la très inquiétante motion fédérale M-103 condamnant la soi-disant « islamophobie » sent, elle aussi, le délit de blasphème et constitue un écho, pour ainsi dire, d’une motion similaire adoptée par l’Assemblée nationale du Québec un an et demi avant.

La loi 62 n’est pas laïque

Ensuite est venue la loi 62, qui, selon son titre, porte sur la « neutralité religieuse », adoptée à l’Assemblée nationale par le gouvernement du PLQ en octobre 2017. Son titre est à la fois malhonnête et habile, car le gouvernement prétend ainsi régler la question des rapports entre les religions et l’État, répondant ainsi aux forts désirs de la population québécoise pour une solution laïque. Mais cette loi n’est pas une loi sur la laïcité, un terme qu’elle ne mentionne même pas, et, de plus, elle n’est même pas une loi sur la neutralité religieuse, une approche plus faible que la laïcité.

À peu près tout ce que fait la loi 62, c’est d’interdire les couvre-visage, mais en les interdisant très faiblement, permettant des accommodements, c’est-à-dire des exemptions, sur la base de critères assez flous et subjectifs. De plus, en prétendant instaurer la neutralité religieuse sans interdire aucun signe religieux à part les couvre-visage, elle approuve ainsi le port de ses symboles par les fonctionnaires en service.

Si le but du PLQ était de flouer le public, alors il faut se rendre compte que, pour le moment du moins, il a très bien réussi. Déjà le noyau de cette loi, l’article 10 qui interdit les couvre-visage, est suspendu par la Cour supérieure du Québec qui a donné raison aux Conseil national des musulmans canadiens, appuyé par le l’Association canadienne ces libertés civiles, qui l’ont contesté. Le PLQ peut maintenant dire qu’il a essayé de régler la question, mais les tribunaux l’en ont empêché, une façon de s’en laver les mains.

Dans les médias hors-Québec, cette loi, qui en réalité ne fait presque rien, est dénoncée comme une atteinte à la liberté de religion de certaines musulmanes, ou plus précisément une atteinte à la prétendue « liberté d’expression religieuse » (qui me semble un néologisme assez douteux). Les partisans du multiculturalisme et les promoteurs de l’islam politique, qui sont des alliés objectifs, ont gagné cette bataille. J’ai même trouvé dans la revue américaine Free Inquiry, une périodique normalement excellente, un texte qui met la loi québécoise 62 sur un pied d’égalité avec la très louche motion fédérale M-103, les deux étant, selon l’auteure de l’article, des menaces pour les libertés civiles.

Il faudrait donc faire abroger cette loi 62 parce qu’elle ne va pas assez loin, c’est-à-dire qu’elle ne va à peu près nulle part en ce qui concerne la laïcité. Au contraire, le Québec a besoin d’une loi sur la laïcité.

Toutefois, en s’opposant à cette loi 62, il faut éviter le piège de conforter les gens qui s’y opposent pour des raisons diamétralement opposées. Cette loi ne va pas trop loin, comme de nombreux commentateurs mal informés le prétendent, au contraire. Pour que cette loi soit minimalement recevable, il aurait fallu au moins y supprimer les accommodements religieux et y ajouter l’interdiction des signes religieux portés par les fonctionnaires, surtout ceux et celles ayant un pouvoir coercitif comme la police et les juges, ainsi que les enseignantes et les enseignants.

La soi-disant « islamophobie »

À propos de l’« islamophobie », il y a eu au fait trois motions à ce sujet, dont une à l’Assemblée nationale, proposée par Françoise David, adoptée de 1er octobre 2015. Les deux autres ont été adoptées au Parlement fédéral, la première proposée par Thomas Mulcair et adoptée en octobre 2016, et l’autre étant la motion M-103 adoptée en mars 2017. Ces motions défendent des gens sur la base de leur appartenance religieuse, non pas sur la base de droits universels. Elles ne font rien pour faire progresser la laïcité.

L’école publique

Au niveau de l’école publique québécoise, ce système supposément laïque rencontre tout de même assez mal les critères de laïcité. Il y a un besoin criant de retirer le programme Éthique et culture religieuse (ÉCR) imposé à tous les élèves et à tous les niveaux primaires et secondaires depuis 2008, ou au moins de lui retirer complètement le volet « culture religieuse » comme de nombreux militants laïques l’ont déjà recommandé depuis des années. De plus, il faudrait exiger l’abolition du Comité aux affaires religieuses du Ministère de l’Éducation (nom actuel : MEEQ = Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur). Ce comité a travaillé à l’élaboration du programme ÉCR, il est un vestige des anciens comités confessionnels catholique et protestant et il a pris position pour la laïcité dite « ouverte » – ce qui veut dire une pseudo-laïcité à peu près équivalente au multiculturalisme –, rejetant ainsi l’interdiction des signes religieux ostentatoires stipulée dans la Charte de laïcité proposée en 2013-2014 par le gouvernement précédent.


Communications présentées dans le cadre de cet atelier :

  • « Le multiculturalisme en question: les universitaires contre la laïcité », Jérôme Blanchet-Gravel
  • « Démocratie et laïcité », Simon-Pierre Savard-Tremblay
  • « La Loi sur la neutralité religieuse n’est pas la Loi sur la laïcité », Djemila Benhabib

Liens pertinents :


Prochain blogue : Banning Religious Symbols: When & Where?

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    Exploiting Mass Murder for Political Gain

    2017-02-17

    I recently learned that I am the target of defamatory remarks published on a Canadian web site. I am accused of a certain degree of complicity in the Quebec City murders. This is my response.

    Sommaire en français Je viens d’apprendre que je suis la cible de propos diffamatoires publiés sur un site web canadien. On m’accuse d’un certain degré de complicité dans la récente tuerie à Québec. Voici ma réponse.

    In a recent blog The Quebec City Attack: Some Context, I wrote:

    It took a very short time for the unscrupulous to begin exploiting this tragedy for political ends. Slanderous and hateful comments have been made, …

    When I wrote the above, I did not yet realize how appallingly true it would turn out to be. It has recently come to my attention that I have been accused, on a certain Canadian web site, of a certain degree of complicity in the Quebec City massacre, although it is a little vague (perhaps deliberately so) what that degree is. What was the nature of my complicity in this atrocity? According to my accuser, my criticism of the word “islamophobia” in a recent blog Fools Against “Islamophobia” implies a total—and, in my accuser’s apparent estimation, near-criminal—disregard for anti-Muslim prejudice.

    In that blog I criticized gay activists in Ontario and in the U.K. for their inappropriate response to the Orlando shooting in which about 50 were massacred in a gay bar. Instead of concentrating their energies on denouncing religious homophobia, in this case Islamic homophobia, they foolishly chose to demonstrate against “Islamophobia” as if “the possibility of antipathy towards those who practice Islam is worse than murdering gays in the name of Islam.” Furthermore, they chose incorrect language to do so: if they were concerned about the danger of an anti-Muslim backlash, i.e. attacks against real people, they could have denounced anti-Muslim prejudice.

    But instead, these gay activists used the term “Islamophobia” which implies a (possibly irrational) fear of the ideology Islam. This is wrong for at least two reasons: (1) there is nothing irrational about fearing Islam; and (2) criticizing an ideology is very different from hatred of real human beings. By confusing the two issues, these activists stigmatized criticism of Islam and its cousin Islamism, thus playing into the hands of Islamist propagandists. Those who control language also control minds. The words we choose are important. Clarity is essential.

    …the Quebec City killing of six Muslims was far, far worse than mere “Islamophobia.” It was not an attack on a religion or an idea. On the contrary, it was murderous violence against living, breathing human beings.

    What is ironic here is that the Quebec City killing of six Muslims was far, far worse than mere “Islamophobia.” It was not an attack on a religion or an idea. On the contrary, it was murderous violence against living, breathing human beings. It was anti-Muslim terrorism, it was an anti-Muslim massacre. (Some people reject the term “terrorism” in this case. I tend to disagree.) We all have a duty, especially atheists and secularists, to distinguish between ideas and people, i.e. between beliefs and believers. To confuse the two categories only increases the danger of misunderstandings and possibly retribution for past acts of violence.

    I also know why my accuser hates me (although we do not even know each other). Based on previous writings, it is clear that my criticism of communitarianism, a.k.a. multiculturalism, and my concomitant support for republican secularism burn his or her butt.

    It is not clear whether my accuser is literally insane, or merely a horrific jerk. Maybe both? Fortunately, unlike Donald Trump, my accuser is not the head of a powerful nation with massive nuclear capability, so there is a limit to how much damage the lout can do. Unfortunately he or she is far from alone in this venal practice of exploiting a bloody tragedy for partisan political purposes.

    Yesterday I slipped on some ice, fell and hurt my knee. Who or what is to blame? I blame Islamophobia and the Quebec “Charter of Values.” … OK, just kidding.

    It has been said (I am unable to locate the source) that the only vice is conformism. Since the Quebec City attack on January 29th, we have seen a lot of vicious conformism. There has been a chorus of unscrupulous individuals claiming that the debate, in 2013-2014, around the Charter of Secularism proposed by the previous Quebec government, was a major cause of the massacre. This is accompanied by lamenting the prevalence of “identity politics” or “nationalisme identitaire” etc., etc. when in reality the Charter would have imposed neutrality on public institutions so that individuals would be prevented from promoting their particular, partisan religious or political identity while being paid from public funds. The Charter would have attenuated identity politics.

    One very high profile example of this is the recent media splash by Charles Taylor who was co-president of the Bouchard-Taylor Commission, about a decade ago. The Commission was mandated to study the issue of so-called “reasonable accommodation” which to be precise should be called religious accommodation. One of its principal recommendations was that public servants in positions of coercive authority—police, judges, etc.—should not be allowed to wear religious symbols while on duty. I think such symbols should be banned for all public servants while on duty, but the Commission’s recommendation was at least a step in the right direction.

    Taylor has exploited the Quebec City massacre as an excuse to repudiate, in a very public fashion, one of the rare constructive positions he has taken in the past.

    Very recently, Taylor repudiated his previous position; he now thinks that no such ban should be imposed. His reason? The Quebec City event has changed the situation and, according to Taylor, the debate over the Quebec Charter “stigmatized” some groups. In reality, as ex-MNA Fatima Houda-Pepin has revealed, Taylor has discreetly held his current opinion for years, since long before the recent event. In other words, Taylor has exploited the Quebec City massacre as an excuse to repudiate, in a very public fashion, one of the rare constructive positions he had taken in the past.

    But the prize for the most excessive and most egregious behaviour exploiting the Quebec City tragedy goes to Member of Parliament Iqra Khalid who is promoting her motion M-103 condemning “Islamophobia.” According to a CBC news report, she defines that term as “the irrational hate of Muslims that leads to discrimination.” Once again, we see a deliberate confusion of terms in order to justify a dangerous threat to freedom of expression. And once again, both the political centre and the so-called left have completely abandoned all rationality, so that only some members of the Conservative Party oppose the motion, thus allowing its promoters to accuse anyone who disagrees with them of being right-wingers.

    My accuser is a petty member of that rogue’s gallery of unprincipled conformists.

    You are allowed to disagree with me. But you are not allowed to accuse me of complicity in murder.

    Further reading:


    Next blog: Islam and Islamism

    Charles Taylor est-il compromis avec le Prix Templeton ?

    2017-02-15

    Étant donné la sortie très médiatisée de Charles Taylor tout récemment—pour répudier une des recommandations-clé de la Commission Bouchard-Taylor (interdiction des signes religieux pour les fonctionnaires en position d’autorité)—, je republie ici un vieux texte de 2007 qui nous en apprend des choses sur ce soi-disant philosophe.

    Ce texte est aussi disponible sur mon site Vivre sans religion. Je ne l’ai pas mis à jour à part le format et la suppression de deux liens périmés.

    Summary in English

    Charles Taylor recently made a big splash in the Quebec media by renouncing, very publicly, one of the key recommendations of the Bouchard-Taylor Commission (ban on religious symbols for public servants in positions of authority). For that reason, I am republishing here an old article from 2007 in which I reveal some very disturbing details about this so-called philosopher.

    The English version of this blog is still available on my site Living Without Religion.

    Les médias ont salué l’obtention du prix Templeton par le philosophe Charles Taylor. Mais qui est derrière ce prix ? Que signifie-t-il et pourquoi a-t-il été décerné à Charles Taylor? Voici les réponses troublantes que j’ai trouvées.

    Qui est Charles Taylor ?

    Charles Taylor, philosophe canadien à la Northwestern University en Illinois, USA, et anciennement à l’Université McGill à Montréal, est récipiendaire du Prix Templeton 2007. Il est le premier canadien à recevoir ce très généreux prix, dont la valeur monétaire cette année s’élève à 800 000 livres sterling (presque 1 900 000 $ canadiens). Le Prix est accordé annuellement à un individu ayant contribué au « progrès de la recherche et de la découverte dans le domaine des réalités spirituelles. »

    Les médias québécois et canadiens ont très chaleureusement accueilli cette nouvelle, donnant l’impression que ce Prix Templeton serait un prix d’excellence académique, comme le Prix Nobel, avec l’ajout d’une dimension « spirituelle ». Dans Le Devoir du 15 mars 2007, Guy Laforest écrit: « La nouvelle nous arrive comme ce soleil du printemps qui réchauffe nos coeurs: le philosophe Charles Taylor vient de recevoir le prix Templeton pour les hautes qualités morales et spirituelles de l’ensemble de son oeuvre. » Selon l’animateur de radio Michael Enright (The Sunday Edition, CBC, 8 avril 2007), Taylor a gagné le « gros lot académique ».

    Charles Taylor, Prix Templeton 2007Cliquer pour agrandir Charles Taylor, Prix Templeton 2007

    Cet événement fut d’autant plus remarquable qu’il est survenu quelques semaines seulement après la nomination du même Charles Taylor à la coprésidence d’une commission parlementaire québécoise – la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodements reliées aux différences culturelles — ayant le mandat d’étudier le dossier des accommodements dits « raisonnables » (religieux pour la plupart) et de faire des recommendations. La Commission devra rendre son rapport en 2008.

    Que vaut un prix? On ne parle pas ici de sa valeur monétaire, mais plutôt de sa valeur « morale », pour ainsi dire, un indicateur du mérite de l’individu qui le reçoit. Une façon de mesurer cette valeur serait de considérer le but déclaré du prix, la nature de l’instance qui l’octroie, et l’ensemble des individus qui se sont vus octroyer le prix dans le passé, et pourquoi ils ont été choisis.

    Le but du Prix Templeton

    Selon son site web, le Prix Templeton favorise le progrès en matière de religion. Tout comme, dans les derniers siècles, des progrès majeurs ont été réalisés en production alimentaire, dans les transports, en médecine, en électronique et en cosmologie, Templeton préconise la recherche et le progrès en « réalités spirituelles » et en « information spirituelle ».

    L’objectif serait d’accroître la « perception humaine de la divinité », d’accélérer la « créativité divine » et d’utiliser divers moyens, en particulier la recherche scientifique, afin d’aider les gens à voir « l’infinité de l’Esprit Universel qui crée toujours et actuellement les galaxies et tout être vivant » et à voir « les diverses façons dont le Créateur se révèle ». Le Prix serait accordé sans distinction de race, de croyance, de sexe ou de situation géographique.

    La Fondation John Templeton

    Cette fondation a été établie en 1987 par John Templeton, homme d’affaires et citoyen britannique d’origine américaine, né en 1912, qui s’est enrichi grâce à la gestion de fonds mutuels internationaux. La Fondation attribue de nombreux prix et bourses – surtout pour des projets qui brouillent la ligne entre science et religion –, dont le Prix Templeton n’est que le plus important. Quelques exemples, pigés dans les thèmes principaux de la Fondation, sont signalés dans l’appendice I.

    À la question « La Fondation est-elle un organisme religieux? », la FAQ du site web répond ainsi: « Non, nous ne faisons pas la promotion de la religion. Nous appuyons la recherche scientifique… » La Fondation se défend d’avoir des liens étroits avec le mouvement « intelligent design » (ID), qu’elle considère un mouvement politique, tandis que la Fondation est une « entité apolitique. » Mais l’attitude de la Fondation à l’égard de cette pseudoscience demeure ambigüe. Bien que rejetant toute hypothèse qui nierait des faits solidement établis par la science, comme l’évolution des espèces, la Fondation favorise le débat autour de l’ID, prône avec enthousiasme le rapprochement entre science et religion, et suggère que l’étude de l’histoire de la vie sur terre pourrait révéler une finalité et un dessein cosmiques, voire divins. Selon la Fondation, la science soutenant l’ID n’est pas solide (« sound »), tandis que le consensus scientifique est que l’ID n’a même pas le mérite d’être faux, car il n’est pas une hypothèse scientifique mais plutôt une assertion religieuse déguisée en science.

    Cette ambivalence ressemble beaucoup à la position pseudo-évolutionniste du Vatican, qui, d’un côté, reconnaît la validité de l’évolution des espèces, solidement appuyée par la science, mais qui maintient tout de même qu’un créateur aurait mis en branle et guidé ce processus. C’est ce qu’on appelle le « créationnisme évolutionniste ».

    La Fondation est actuellement gérée par le fils John M. Templeton, chrétien évangélique et chef de Let Freedom Ring, un organisme de la droite américaine.

    Les anciens récipiendaires

    La première récipiendaire du Prix Templeton, en 1973, fut la très controversée Mère Teresa, véritable icône de la charité chrétienne. Selon certains, y compris le pape Jean-Paul II qui l’a béatifiée en 2003, elle mériterait la qualification de sainte. Selon le journaliste Christopher Hitchens, auteur du Mythe de Mère Teresa, elle était une intégriste catholique dont la plus haute priorité était la propagation de sa foi et de son image, et qui, en les propageant, faisait plus de mal que de bien. La lecture de la liste des autres récipiendaires du Prix Templeton est aussi révélatrice (voir l’appendice II). La plupart de ces récipiendaires sont soit des scientifiques prônant un rapprochement entre science et religion, soit des prédicateurs, chrétiens surtout.

    Charles Taylor, récipiendaire 2007

    Charles Taylor est philosophe catholique renommé, né à Montréal en 1931, auteur de plusieurs ouvrages dont Hegel, Sources of the Self et Varieties of Religion Today: William James Revisited. Il est récipiendaire de plusieurs distinctions dont la célèbre bourse Rhodes de l’Université Oxford (1952), conférencier marianiste (1997) à l’University of Dayton, une des plus importantes universités catholiques américaines, et le titre de Grand Officier de l’Ordre national du Québec (2000). Il a été quatre fois candidat néo-démocrate (sans gagner) aux élections fédérales dans les années 1960. Il a aussi conseillé le pape Jean-Paul II au sein du Club de Castel Gandolfo, là où le pape a sa résidence d’été.

    Taylor compte utiliser l’argent du Prix dans la poursuite de ses études du rapport entre le langage et le sens linguistique d’un côté, et l’art et la théologie de l’autre, et dans le développement de liens entre sciences humaines et biologiques.

    En tant que chrétien modéré, Taylor désapprouve bien sûr les intégrismes religieux. Mais il critique encore davantage le sécularisme qui exclurait la religion de la sphère publique, et la spiritualité de la science. Pour lui, la modernité doit englober la « dimension spirituelle » et le fait d’ignorer cette dimension serait dommageable pour la société. Selon Taylor, le rationalisme des Lumières voulait évacuer la morale et la spiritualité comme vétustes et anachroniques. On lui reconnaît donc ce préjugé classique du croyant incapable de concevoir la moralité sans croyance surnaturelle.

    Dans une entrevue accordée en novembre 2006 au quotidien italien La Repubblica, Taylor explique comment il est possible, selon lui, de transcender les conflits tribaux: « c’est une vision religieuse, […] parce que nous sommes tous des enfants de Dieu, et […] il y a cette vision universaliste qui a, en l’occurrence, des bases profondément chrétiennes ». Voilà une interprétation bien curieuse de l’histoire. Le christianisme, comme les autres religions, n’a-t-il pas été bien davantage cause de conflits que solution? La recherche de valeurs universelles – de droits humains, d’égalité, de libertés –, ne s’est-elle pas faite à chaque époque contre la résistance assidue des autorités religieuses? Si chaque humain était, selon Taylor, un « enfant de Dieu », que dirait-il des incroyants qui ne reconnaissent pas l’existence de son dieu hypothétique? Sont-il exclus de cette belle famille?

    Dans des entrevues récentes, Taylor est particulièrement contrarié par les propos de Richard Dawkins, auteur de The God Delusion. Dawkins constate que la religiosité des croyants modérés sert à légitimer la foi des intégristes, étant donné qu’ils partagent la même idéologie théiste, même si les deux camps ne l’interprètent pas nécessairement de la même manière. Dans une entrevue transcrite sur le site de la Fondation, pour contrer cette observation fort raisonnable, Taylor sort le vieux canard associant l’athéisme avec le totalitarisme communiste, comme si les totalitaires et Dawkins s’inspiraient d’une idéologie commune.

    Le bilan

    Le thème prédominant que l’on constate dans l’ensemble de ces considérations est la pseudoscience théologique bien plus que la science. La fondation Templeton se réclame d’être apolitique et de ne pas faire de prosélitisme religieux. Pourtant, il est évident que cette Fondation promeut la théologie, et ce, en particulier chez les scientifiques.

    Dans le discours de la Fondation et du Prix, il y a de multiples références à des qualités morales comme l’amour et le pardon et aussi de nombreuses mentions de la divinité, de la création, de « l’Esprit Universel » et ainsi de suite, qui seraient apparemment derrière ces qualités morales. On reconnaît ici — tout comme chez Taylor — ce qu’on peut appeler le créationnisme déiste ou créationnisme de la morale, le principe anti-scientifique au coeur du théisme et du déisme, selon lequel la morale serait d’origine divine, c’est-à-dire que c’est le « Créateur » qui aurait créé les principes moraux. L’approche scientifique serait de chercher les origines de la morale humaine là où elle se manifeste, chez l’humain, dans l’évolution de ses comportements et de ses sociétés. Mais la Fondation ne s’y intéresse apparemment pas.

    Pour résumer, on peut dire que la Fondation Templeton finance la recherche orientée par la propagande religieuse. Dans les activités financées par la Fondation, on constate de nombreux exemples d’embrouillement de la démarcation entre science et théologie. On voit mal comment un individu comme Mère Teresa, qui expliquait la douleur du cancer en phase terminale par des baisers de Jésus, ou Charles W. Colson et les autres prédicateurs récipiendaires du Prix, auraient pu contribuer à la science que le Prix Templeton prétend promouvoir. De toute évidence, l’excellence académique n’est pas sa première préoccupation.

    Dans la mesure où le Prix peut être assimilé à un prix académique, le philosophe Charles Taylor est mieux qualifié que bon nombre des anciens récipiendaires. Mais chez Taylor aussi, l’aspect théologique est très fort, et même rehaussé d’une athéophobie marquée. C’est un ami des religions, mais pas un ami de la laïcité.

    La prétention d’attribuer le Prix Templeton sans distinction de croyance paraît incompatible avec son but déclaré, cette déclaration étant fortement imbue de théisme, ou du moins de déisme. La Fondation pourrait facilement faire un pas important vers la résolution de cette contradiction en suivant le très pertinent conseil de Harold Kroto, lauréat Nobel en chimie en 1996, que le prochain Prix soit accordé à Richard Dawkins.

    Implications pour la laïcité

    Ces deux événements presque simultanés – la nomination de Charles Taylor à la commission parlementaire chargée d’étudier les accommodements religieux, et l’octroi du Prix Templeton au même individu – ne peuvent qu’être inquiétants pour ceux et celles qui reconnaissent l’importance de la laïcité.

    En effet, cette commission aura le mandat de bien définir la question des accommodements religieux, sonder les opinions de la population québécoise, et finalement de formuler « des recommandations au gouvernement afin que les pratiques d’accommodements soient respectueuses des valeurs communes des Québécois ». Cette commission dira donc au gouvernement si les accommodements religieux sont recevables ou non, et dans quelle mesure. Les enjeux sont majeurs.

    Dans le décret de création de la commission, on lit au tout début qu’une des valeurs fondamentales de la société québécoise est « la séparation de l’Église et de l’État ». La laïcité est donc parmi les plus hautes priorités du mandat de cette commission. Taylor a une vision plutôt multiculturaliste, ce qui laisse présager une approche plus communautariste que laïque. Bien plus qu’un simple croyant, il a acquis, de par ses travaux et activités, le statut de porte-parole catholique. Ses opinions concernant la place de la religion dans la société moderne implique une position antilaïque. Et il vient de recevoir une immense bourse d’une Fondation notoire pour sa promotion de la théologie en milieu scientifique. Les implications pour la laïcité au Québec ne sont pas reluisantes.

    Conclusion

    Où est le problème? diront certains. Il ne s’agit pas de fonds publics. Que John Templeton donne son argent à qui il veut! Mais lorsque la somme est considérable, que le bénéficiaire de cette somme joue un rôle important d’intérêt public et influent au niveau des lois et de la laïcité, et, qu’en plus, le donateur et le bénéficiaire sont reconnus pour leurs orientations proreligieuses et implicitement antilaïques, il y a effectivement lieu de s’inquiéter.

    Il y a lieu aussi de demander si Taylor n’est pas dans une position de conflit d’intérêts. À mon avis, Charles Taylor a le devoir éthique de démissionner de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodements reliées aux différences culturelles, et le premier ministre Jean Charest a le devoir de lui demander cette démission.

    Appendice I : Quelques bourses et prix offerts par la Fondation John Templeton

    • Sous le thème Evolution, une bourse de US $ 2 millions pour étudier « l’évolution et la théologie de la coopération » dans le but de transcender « la disjonction entre darwinisme séculier et le fondamentalisme religieux ».
    • Sous le thème Forgiveness, US $ 4.5 millions pour « la recherche sur la nature et l’efficacité du pardon ».
    • Sous le thème Freedom & Free Will, une bourse de 10 000 US $ accordée à une école de théologie pour « miner le réductionnisme neurobiologique » dans la science du cerveau et l’étude du libre arbitre.
    • Sous le thème Humility, une bourse de 126 000 $US, accordé à un collège baptiste, pour l’étude de la psychologie de l’humilité.
    • Sous le thème New Concepts of God, 5.8 M $US pour une programme sur l’impact de la religion et la spiritualité sur les sciences.
    • Sous le thème Prayer & Meditation, plusieurs bourses, totalisant quelques millions de $US, pour des travaux sur l’efficacité de la prière.
    • Sous le thème Science and Religion, un programme de 7,2 M $US pour l’institut Metanexus; une bourse de US $ 5 millions pour étudier le cheminement spirituel de scientifiques; une bourse de 2 M $US pour la science et le christianisme orthodoxe en Roumanie; un programme de 4 M $US pour les « perspectives globales en sciences et spiritualité »; ainsi que plusieurs autres bourses de valeur importante.
    • Sous le thème Self-Control, des bourses totalisant 2,2 M $US pour étudier l’efficacité de la modification de comportement dans la prévention du sida en Ouganda.
    • Sous le thème Spirituality and Health, des bourses totalisant 5,8 M $US pour étudier la guérison par la spiritualité et sujets connexes.
    • Sous le thème Ultimate Reality, des bourses totalisant 8,8 M $US pour étudier les fondements de la physique et de la cosmologie, y compris les implications philosophiques et théologiques.

    Appendice II : Quelques anciens récipiendaires du Prix Templeton

    • Mère Teresa (1973).
    • Sarvepalli Radhakrishnan (1975), philosophe et ancien président de l’Inde.
    • Billy Graham (1982), prédicateur évangélique américain.
    • Aleksandr Solzhenitsyn (1983), auteur russe qui préconise la thèse que l’athéisme mène nécessairement à la dégénérescence morale.
    • Carl Friedrich von Weizsäcker (1989), Paul Davies (1995), Ian Graeme Barbour (1999), John C. Polkinghorne (2002) et George F. R. Ellis (2004) pour leurs oeuvres mariant physique et théologie.
    • Charles Birch (1990), généticien australien qui voit dans la biologie le dessein de Dieu.
    • Kyung-Chik Han (1992), prédicateur évangélique presbytérien coréen.
    • Charles W. Colson (1993), ancien conseiller auprès du président américain Richard Nixon, incarcéré pour son rôle dans l’affaire Watergate et fondateur de Prison Fellowship, un mouvement évangélique oeuvrant en milieu carcéral.
    • Michael Novak (1994), « pionnier dans le domaine de la theologie économique ».
    • William R. Bright (1996), fondateur de Campus Crusade for Christ, un mouvement évangélique oeuvrant en milieu académique.
    • Sigmund Sternberg (1998), facilitateur de rapprochement entre le Vatican et l’état d’Israël.
    • Holmes Rolston III (2003), écologiste et prédicateur presbytérien.
    • Charles H. Townes (2005), lauréat Nobel en physique (1964) qui prône le rapprochement entre science et religion.
    • John D. Barrow (2006), astrophysicien et coauteur (avec Frank J. Tipler) de The Anthropic Cosmological Principle. Le principe anthropique se rapproche des thèses téléologiques comme l’ID.

    Références

    1. John Templeton Foundation
    2. The Templeton Prize
    3. Let Freedom Ring
    4. Christopher Hitchens, Le Mythe de Mère Teresa, version française de The Missionary Position, Verso, 1997
    5. La modestie de provincialiser l’Europe, entrevue avec Charles Taylor dans le quotidien italien La Repubblica

    Prochain blogue : Exploiting Mass Murder for Political Gain

    Secularists Have Nothing to Celebrate

    2015-10-26 @ 21:30

    The recent electoral defeat of the Harper Conservatives is good news, but the election of the Trudeau Liberals is not. Indeed, for secularists, the new government is even worse than the previous because it is obsessively attached to the anti-secular ideology of multiculturalism.

    Sommaire en français La récente défaite électorale du Parti Conservateur de Stephen Harper est une bonne nouvelle, mais l’élection des Libéraux de Justin Trudeau n’en est pas une. Au fait, du point de vue de la laïcité, le nouveau gouvernement est pire que le précedent, car attelé de manière obsessionnelle à l’idéologie antilaïque du multiculturalisme.

    On election night last Monday, October 19th 2015, Canadians received some good news and some bad news. The good news: the odious Stephen Harper of the Conservative Party of Canada (CPC) went down to defeat. The bad news: the dubious Liberal Party of Canada (LPC) led by Justin Trudeau has taken power, the LPC, the party notorious for its corruption scandals, led by the very son of the inventor of Canadian multiculturalism.

    Thus the leader and party who seem to think that all Muslims are terrorists has been replaced by the leader and party who apparently consider all Muslims—even the fundamentalists—to be warm, fuzzy and innocuous, or, if they are not, it is our fault for not being sufficiently nice to them. The closed-minded neanderthals of the Harper Conservatives have been replaced by the air-headed accommodationists of the Trudeau Liberals. A traditionalist party, representative of some of the most backward evangelical Christians, has been replaced by a multiculturalist party which flirts with Islamist fundamentalists.

    This is not good news. We now have a government which takes the position that wearing a face-covering anywhere and everywhere, even during an official state ceremony, such as a citizenship ceremony, is a “right.” And why is such a ridiculous privilege considered to be a “right?” BECAUSE RELIGION. This is the antithesis of secularism. Religious freedom, already greatly privileged in the past, has been elevated to a status above all other freedoms, trumping even the most basic considerations such as communication, gender equality and security.

    The closed-minded neanderthals of the Harper Conservatives have been replaced by the air-headed accommodationists of the Trudeau Liberals.

    We now have a government led by an islamophiliac, totally besotted with the ideology of Canadian multiculturalism which is indistinguishable from cultural relativism, an ideology which shields itself from criticism by accusing anyone who disagrees with it of “xenophobia”, “intolerance” and even “racism.” We now have a government which, ironically, shares with the previous government the inability to distinguish between ordinary citizens who just happen to be Muslim on the one hand, and, on the other hand, Islamist fundamentalists who constitute a clear and present danger to our security and democracy—the difference being that the previous government apparently considered them all suspect while the newly elected government considers them all hunky-dory.

    From the point of view of secularism, the Liberals are worse than the Conservatives. At least the Conservatives attempted to ban the niqab at citizenship ceremonies, although they did so in a way that was destined to fail, i.e. by a mere ministerial directive followed by legal appeals when federal courts invalidated that directive, when in fact what is needed is a modification of several laws, starting with Citizenship Act. At the eleventh hour, only days before the election, the Conservatives floated the idea of banning face-coverings in the public service if they were re-elected, an obviously good idea which any secularist would support. And yet the Conservatives are no proponents of secularism: they were merely opportunists exploiting the citizenry’s legitimate concerns about Islamist radicalism and doing so in ways that converged conveniently with their Christian hostility towards a competing religion.

    But the position adopted by both the Trudeau Liberals and the Mulcair NDP was even worse: they agreed with the court decision striking down any ban on face-coverings, and supported the idea that wearing the niqab must be allowed, apparently anywhere and everywhere. If the niqab may be worn at citizenship ceremonies, then how can judges or police be prevented from wearing such face-coverings while on the job? Any hope of a secular public service is completely destroyed if this court decision is allowed to stand. And under the newly-elected Liberals, it will stand.

    Do not misunderstand me. I am not saddened that the Harper Conservatives have gone down to defeat! Any government which shows such contempt for basic science deserves to be summarily kicked out of office. Any government which appoints an apparent creationist to a major position—as it did in appointing Gary Goodyear to the post of Minister of State for Science and Technology—merits our rejection.

    Thus, as much as I respect and indeed admire both Ayaan Hirsi Ali, celebrated author of Heretic: Why Islam Needs a Reformation Now and the memoire Infidel, and Tarek Fatah, writer and founder of the secularist Muslim Canadian Congress, I could not agree with their call for Canadians to vote for Harper. Ayaan Hirsi Ali wrote in a tweet sent out on election day, “Dear Canadians, If you are in doubt before the polls close please vote for Stephen Harper. He is the strongest on fighting radical Islam.” whereas Tarek Fatah indicated in a Facebook post, shortly before the election date, that he would be voting Conservative for similar reasons.

    Although Christian evangelical fundamentalism in Canada—which is a major underpinning of the Conservative Party—is not as retrograde as international Islamism, nevertheless both are resolutely obscurantist and anti-science fundamentalisms. Neither has any qualms about utilising the fruits of science, i.e. modern technology, when those fruits can be exploited to serve their agenda.

    Broadly speaking, there are three general approaches to the question of religion and the affairs of the state. These are:

    1. Traditionalism, which promotes the continued dominance of the traditional majority religion (in Canada: Christianity), allowing it considerable privilege and influence on laws and state affairs.
    2. Multiculturalism, or ethnoreligious determinism, which broadens traditionalism by extending religious privileges to a plurality of religions, giving each religion an influence either equal to the others or weighted according to its demographic importance.
    3. Secularism, which opposes all religious privileges and and promotes universal human rights, in particular freedom of conscience, and involves complete separation between religion and state, so that the state is autonomous and independent of religious influence.

    Zunera Ishaq […] exploited Canadian multiculturalism in order to promote an essential tenet of Islamic fundamentalism, the segregation of women. Ishaq is what I would call a “legal jihadi,” i.e. a fighter for Islamism who uses strictly legal means […] her objective role as a promoter of Islamist values is patent.

    Both the traditionalism of the Conservatives and the multiculturalism of the Liberals are anti-secular ideologies. However, multiculturalism, although more modern, is also more dangerous because it is currently the dominant ideology in Canada and in other countries. Indeed, even the traditionalists (like Catholics, Islamists, etc.) rely increasingly on multiculturalism to disseminate their ideologies because traditionalism is out of fashion and often cannot be imposed directly as it was in the past. That is exactly what the niqab-wearer Zunera Ishaq did when she exploited Canadian multiculturalism in order to promote an essential tenet of Islamic fundamentalism, the segregation of women. Ishaq is what I would call a “legal jihadi,” i.e. a fighter for Islamism who uses strictly legal means because extra-legal means are not yet feasible. Although Ishaq has apparently been linked to radical Islamist organizations, even in the absence of such ties her objective role as a promoter of Islamist values is patent.

    Multiculturalism is much easier to sell than traditionalism, especially as it often masquerades as a form of pseudo-secularism (c.f. so-called “laïcité ouverte”). Furthermore, multiculturalism also masquerades as a solution for racism, when in reality it tends to preserve and deepen divisions by identifying each individual with the ethno-religious community into which he or she was born.

    The victory of the Trudeau Liberals (and the poor showing of the NDP) is probably much more attributable to anti-Harper sentiment than to any love for the winning party. Do not forget that BOTH hatred for Harper AND opposition to the niqab (and disgust for Trudeau’s and Mulcair’s opposition to any ban) were very strong in Quebec during the campaign. In fact, polls indicated that the majority of Canadians, not just Quebecers, favored a niqab ban, and yet Harper was still defeated despite his opportunistic exploitation of that issue.


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